Logo du site ushuaia, la terre et nous
24 novembre 2010 -
08h20 :
Festival International du Film d'Environnement : interview d'Isabelle Giordano
[ BIEN-ETRE - FILM - ENVIRONNEMENT ]

Cette année, la marraine du Festival International du Film d'Environnement est Isabelle Giordano. Journaliste et animatrice de l'émission  « service public » sur France Inter, cette dernière est bien évidemment concernée par toutes les questions de notre société dont celle de l'environnement qu'elle aborde d'ailleurs dans son émission.
Alors que la 28ème édition du Festival se tient du 24 au 30 novembre à Paris et en Île de France, Isabelle Giordano a accepté de répondre à nos questions.

Isabelle GiordanoUshuaïa.com: Depuis quelques années, le Festival International du Film d'Environnement s'est ouvert à des thématiques plus sociétales comme le Développement durable et la solidarité. Dans ces deux domaines, pensez-vous que le cinéma soit plus impactant pour sensibiliser le public que d'autres médias ?

Isabelle Giordano : le cinéma est aujourd'hui l'outil le plus grand public et le plus influent pour toucher l'opinion, toutes catégories sociales et tous âges confondus.
Je pense qu'on n'imagine pas à quel point un film peut changer la donne : un documentaire sur Monsanto par exemple peut devenir un réel contre pouvoir, il peut faire changer une politique ou des comportements, un film qui dénonce le gaspillage ou la surconsommation peut aussi avoir une influence non négligeable ; c'est donc une bonne chose que d'organiser ce Festival, c'est pourquoi j'ai tout de suit accepté d'y participer et pour moi l'écologie est une philosophie, militer pour un monde meilleur, plus humain, il est donc naturel d'y associer les valeurs que sont la solidarité et la responsabilité. 

U.C : Ne trouvez-vous  pas qu'un cinéma trop militant sur l'environnement (moralisateur, déprimant, pessimiste...) peut décourager le spectateur et par conséquent avoir un effet inverse à celui escompté ?

I.G : Oui tout à fait ! Mais en fait au final les seuls films qui ont du succès, qui touchent les gens, qu'ils soient moralisateurs ou non, sont les bons films. 

U.C : Avez-vous  déjà rencontré des acteurs, des actrices, des producteurs... vraiment engagés dans l'écologie ? Lesquels ?

I.G : Léonardo Di Caprio ! Il est vraiment convaincu, sincèrement ! Depuis longtemps déjà, il roule en voiture hybride, son engagement se traduit aussi parfois dans ses choix de films. Il m'est arrivé aussi de parler agriculture bio avec Marion Cotillard.
Ce sont tous des ambassadeurs géniaux à l'image d'une nouvelle génération de trentenaires (et de plus jeunes encore) de plus en plus sensibilisés. Les choses ont changé depuis une dizaine d'années et la cause est une évidence pour  les enfants. Reste à convaincre les "vieux politiciens" ... 

U.C : L'équipe du Festival International du Film d'Environnement a visionné des dizaines de documentaires, courts-métrages et fictions. Combien comptez-vous en voir ? Et parmi ceux que vous avez déjà vus,  lequel vous a le plus touché, le plus ému, révolté... ?

I.G : J'ai vu  le film de JR sur les femmes et quelques images de "Pollen" qui m'ont suffi pour être emballée. Et je vais tâcher d'en voir plus...

U.C : Où vous situez-vous par rapport à l'écologie ? Etes-vous très engagée, très militante ou raisonnable et pragmatique ?

I.G : Je dirais raisonnable et pragmatique dans ma vie de tous les jours et très militante énervée certains jours à la radio dans "service public" ! 

U.C : Pensez-vous que le réchauffement climatique soit une menace pour la planète ou êtes-vous plutôt une climato-sceptique ?

I.G : Sans être une experte, j'ai l'impression que c'est une menace et de toute façon autant faire attention même si ce n'est pas une menace extrême.

U.C :   Parmi  tous les thèmes environnementaux abordés  dans ce Festival, lequel vous touche le plus ?  Et pourquoi ?

I.G : Je suis sensible en général à tout ce qui touche au développement durable, car comme on dit, il  marche "sur 3 pieds", c'est complet, comme le riz ... 

U.C : L'avenir de notre planète, comment l'imaginez-vous ?

I.G : Je suis une optimiste donc plus on médiatisera les multiples initiatives positives menées partout sur cette planète, mieux ce sera, plus cela en inspirera d autres.  Il y a par exemple en Afrique de nombreuses associations dont on parle peu qui font beaucoup pour l'agriculture locale, l'amélioration de la nutrition et de la santé. Les Africains sont bien décidés à s'occuper d'eux-mêmes et à ne pas se laisser prendre dans les mailles de l'assistanat international. Certains pays africains affichent d'ailleurs des taux de croissance que l'Europe leur envie : « Africa is the future » comme dit le slogan...

U.C : Du 29 novembre au 10 décembre se tient à Cancun (Mexique), un Sommet sur le climat. D'ailleurs, ce festival va diffuser le film de David Martin « un avenir ? A quel prix... ». Ces Sommets sont-ils indispensables ou sont-ils des coups d'épée dans l'eau ?

I.G : C'est toujours bien de parler, discuter, échanger, partager. Et agir ensuite... 

U.C : Si vous aviez un vœu à faire pour la planète, lequel feriez-vous ?

I.G : Regardons plus la nature, elle a tant à nous apprendre, et regardons l'humain qui est en nous.

Une interview réalisée par Florence Loyal

Retrouvez toutes les infos du Festival International du Film d'Environnement en cliquant ici


Ajouter un commentaire
Ajouter un commentaire :
Votre nom :
Votre ville :
Votre e-mail :
Votre réaction :
Vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données qui vous concernent (art. 34 de la loi informatique et liberté du 6 janvier 1978). Pour l'exercer, contactez , 305 avenue le jour se lève, 92656 Boulogne.
logAudience