Formation de vendeurs conseil, plateforme internet... le gouvernement, des distributeurs et des associations ont signé vendredi un accord pour sensibiliser les jardiniers amateurs à l'usage excessif des pesticides, dont la France est la première consommatrice en Europe. "35% des Français pratiquent le jardinage... Derrière le souhait de jardiner, la dimension première est un retour à la nature", a déclaré la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno, avant la signature de cet accord à Paris. "Paradoxalement, ils n'ont pas toujours conscience qu'ils utilisent des pesticides qui ne sont pas des produits anodins", a-t-elle ajouté. Le milieu non-agricole (jardins, espaces verts, voirie...) représente 5% des usages de pesticides en France. "Il a un impact non négligeable sur la pollution de l'eau", a souligné Mme Jouanno.

35 pourcent des français pratiquent le jardinage
Le plan "Ecophyto"
L'accord-cadre relatif à l'usage des pesticides par les jardiniers amateurs a été signé par les ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture, la majorité des distributeurs de produits de protection des plantes et les principales associations de jardiniers amateurs. Il s'inscrit dans le plan Ecophyto, issu du Grenelle de l'environnement, qui vise à réduire de moitié, "si possible", l'usage des pesticides d'ici 2018. Parmi les engagements pris, figure notamment la formation de vendeurs qui offriront une aide personnalisée sur les points de vente de pesticides. Sera également créée une plateforme internet qui a vocation à devenir un site de référence pour tous les jardiniers en quête d'alternative aux pesticides, et qui se verront, par exemple, conseillé de choisir des plantes plus résistantes aux maladies, ou de pratiquer la rotation de leurs plantations pour éviter les parasites. France Nature Environnement (FNE, 3.000 associations) a salué cet accord mais a dit "regretter vivement" l'absence des grandes et moyennes surfaces, "acteurs incontournables de la vente de pesticides aux particuliers".