Le dernier film du réalisateur Jean-Paul Jaud, "Severn, la voix de nos enfants", est sorti en salles cette semaine.
Le synopsis
Alors âgée de 12 ans, Severn Cullis-Suzuki prend la parole sur l'environnement et le développement durable à la conférence des Nations Unies de Rio de Janeiro en 1992. Elle interpelle les dirigeants du monde entier sur la situation humanitaire et écologique de la planète...et déclare : "Vous êtes ce que vous faites et non pas ce que vous dites"
...En 2009, Severn est une jeune femme de 29 ans qui s'apprête à donner naissance à son premier enfant.
Ce documentaire propose une mise en regard du discours de Severn en 1992 avec la vision qu'elle porte sur le monde en 2009. Que s'est-il passé depuis 18 ans ? Quels sont les engagements environnementaux qui ont été tenus ? A quelles urgences et nouveaux défis le monde doit-il faire face ?
Pour faire écho aux interpellations de Severn et pour répondre de manière résolument optimiste aux désillusions qu'elle pointe, le film prend le parti de mettre en lumière des initiatives positives, menées aux quatre coins de la planète par des personnes remarquables. Ce documentaire ramène chacun d'entre nous à une question universelle et essentielle : quel monde laisserons-nous aux générations futures ?
Où a été tourné ce long-métrage ?
Severn accompagne le spectateur tout au long de ce film documentaire tourné au Canada, au Japon et en France, par l'auteur de "Nos enfants nous accuseront", qui militait en 2008 pour l'agriculture et l'alimentation bio dans les cantines scolaires.
Illustré d'images féeriques de l'archipel d'Haida Gwaii dans le grand nord canadien, où vit Severn, et de paysages sereins de campagnes nippones et françaises, le voyage environnemental est entrecoupé de chocs visuels et bruyants de salles de jeux citadines et boulevards embouteillés.
Ce film traîte de différentes thématiques : l'agriculture biologique, l'alimentation et la santé, la biodiversité, la déforestation, le nucléaire, les générations futures et les pesticides.
Sur l'île de Kyushu (sud du Japon), Takao Furuno, agriculteur biologique depuis 1978, applique une méthode "révolutionnaire" dans ses rizières.
Pas de pesticides ni engrais, mais des canetons qui se nourrissent des insectes parasites et contribuent à l'apport d'oxygène en pataugeant entre les rangées de jeunes pousses. Leur fiente sert d'engrais naturel.
Résultat :
son riz est 100 % bio et son rendement 30 % supérieur à celui de son voisin utilisant encore la chimie. Les grands-mères japonaises d'Ikeda, elles, persévèrent dans les traditions ancestrales d'agriculture à petite échelle transmises aux enfants des écoles voisines avec pique-niques champêtres de légumes locaux.
En Corse, la famille Arena produit du vin bio depuis plusieurs générations et est engagée dans la préservation du patrimoine naturel de l'île de beauté face à l'avancée des promoteurs immobiliers.
En Ile-de-France, la société civile a réussi à empêcher la construction d'une piste de Formule 1 à Flins au milieu d'une campagne paisible.
La déforestation concerne essentiellement les forêts tropicales. En 2005, elle a été qualifiée d'alarmante par la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture). La destruction de la forêt serait responsable de 18 à 20 % des émissions de gaz à effet de serre. C'est une des causes principales à l'origine du réchauffement climatique.
Le nucléaire n'est abordé que par des images chocs d'Hiroshima et le rappel de l'explosion en 2004 de la centrale japonaise de Mihama avec ses 4 morts.
En Charente-Maritime, les pesticides qui empoisonnent les cultures, les sols et les agriculteurs comme Yannick Chenet (37 ans) atteint d'une grave leucémie ou Paul François, premier "empoisonné" par pesticide reconnu victime d'un accident professionnel, sont montrés du doigt. Les larmes aux yeux, ce dernier prend connaissance du discours de Severn en 1992 devant la caméra et milite maintenant pour le bio.
Severn a le dernier mot de ce film, adressé à tous les parents : "Faites que l'avenir soit meilleur pour nos enfants".