« Loup » le dernier long-métrage du réalisateur et écrivain Nicolas Vanier, qui sort le mercredi 9 décembre sur nos écrans, nous emmène chez les Evènes, un peuple d'éleveurs de rennes de Sibérie orientale.
Le synopsis de "Loup"
Sergueï est un Evène, qui vit dans les montagnes de Sibérie orientale. A 16 ans, il est nommé gardien de la grande harde du clan de Batagaï. Ce clan, dont le chef n'est autre que son père, est composé de quatre familles et de leur harde de 3.000 rennes qu'ils conduisent d'un alpage à l'autre au gré des saisons.
Dans cette immensité, le loup rôde et menace les rennes... unique richesse et fierté des Evènes.
Dès son plus jeune âge, Sergueï a appris à chasser et abattre les loups sans état d'âme. Jusqu'au jour où sa rencontre avec une louve et ses quatre louveteaux va bouleverser toutes ses certitudes...
Il va risquer le rejet par son clan et l'amour de sa fiancée
C'est à cet instant que sa vie bascule. Pour sauver la vie des louveteaux, le jeune Sergueï va transgresser les lois millénaires de son peuple et trahir son père et son clan. Dans l'insouciance de sa jeunesse, Sergueï va braver l'interdit : le jeune garçon et les louveteaux vont mutuellement s'apprivoiser. Par amour, il partagera ce lourd secret avec la belle Nastazia. Mais il ne faut pas oublier que le loup est un prédateur...
Un tournage dans des conditions extrêmes
Ce long-métrage a été tourné dans les monts Verkhoïansk dans un paysage grandiose de toundra, de taïga, de neige et de glace. Autant dire qu'il a été tourné dans des conditions extrêmes. Les communications étaient très difficiles et les rapports humains pas toujours faciles. Les températures ont parfois frôlé les - 55°C.
Mais ce film est un hymne à la nature. Il est joué en français avec des acteurs français eurasiens ou de type asiatique. Nicolas Vanier a d'ailleurs déclaré : « Cette fiction a été tournée dans les conditions du réel. Nous avons travaillé avec les vrais nomades, dans leur cadre de vie. C'est un lieu que je connais puisque j'ai passé pratiquement un an avec les Evènes et leurs troupeaux.
Pourquoi avoir choisi les Evènes ?
Au cours de ses premiers voyages dans le Grand Nord, Nicolas Vanier avait été déçu par l'image que les Indiens et les Inuits donnaient d'eux-mêmes : « Ils circulent à motoneige, touchent les chèques de leur gouvernement et sont souvent en proie à des problèmes d'alcool. Quand j'ai rencontré pour la première fois ces éleveurs, j'ai eu l'impression de remonter le temps (...) Ils sont coupés du monde par les montagnes de Verkhoïansk. Ils vivent en quasi autarcie dans un territoire grand comme la France. (...) Ils mangent rennes, s'habillent rennes et vivent rennes ».
Il faut signaler que les vrais Evènes sont pourtant absents du film, hormis quelques figurants. "Etre acteurs, ce n'est pas leur métier. Personne n'a envie de jouer la comédie et de raconter cette histoire. Ils voulaient se décharger de ce poids là" a expliqué le réalisateur. Les acteurs, qui ont passé plusieurs mois en compagnie des éleveurs, ont néanmoins du mal à passer pour des autochtones.
Pour Nicolas Vanier, les Evènes incarnent l'harmonie parfaite entre l'homme et la nature : « Ils sont l'exemple absolu de ce qui peut se faire de mieux en matière de vie durable. Si on revient les voir d'ici un siècle, il y aura autant de rennes, de mouflons et d'animaux sauvages qu'aujourd'hui. Ils font l'inverse de nous qui mangeons la poule au lieu de manger les œufs. Nous prélevons plus que de raison en réduisant le capital des générations futures.