La situation sanitaire dans la zone de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), très fortement industrialisée et qui concentre des émissions de polluants très importantes, n'est globalement pas préoccupante, affirme une étude commandée par la Drire et la Ddass rendue publique.
Taux de mortalité anormalement élevé et hausse des cancers
Les résultats de l'étude ont été contestés par des associations de riverains et des élus présents à la conférence de presse, qui ont souligné un taux de mortalité anormalement élevé dans la zone ainsi qu'une forte hausse du nombre de cancers depuis deux décennies et réclamé des études épidémiologiques.
Une étude malgré tout paradoxale
Malgré la conclusion plutôt rassurante, l'étude, réalisée par un cabinet indépendant, pointe un niveau de risque élevé pour les riverains au nord-ouest du complexe pétrochimique de Berre-l'Etang, site proche du Fos, en raison d'émissions de benzène et de butadiène. Ce risque a déjà entraîné des mesures de réduction des émissions entre 2007 et 2008 qui ont porté leurs fruits, selon les chercheurs.
De plus, répertoriant 82 polluants émis par 22 industriels ainsi que la pollution routière ou celle liée au transport maritime, elle pointe la nécessité de poursuivre les efforts en matière d'émission de poussières industrielles, considérées comme très toxiques, et de dioxyde de souffre.
Toujours peu rassurant, les chercheurs réclament des études complémentaires sur l'arsenic présent dans les poissons du golfe de Fos, qui représente le risque sanitaire le plus élevé par ingestion.
Cependant, l'étude conclut que pour les populations riveraines de Fos, la grande majorité des niveaux de risque calculés reste faible et très inférieure à d'autres risques de la vie courante en citant à titre d'exemple les risques liés à l'usage du tabac, l'alcoolisme ou les accidents de circulation.