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25 février 2011 -
12h45 :
Traversée des USA en scooter électrique : interview de Benjamin Voron
[ BIEN-ETRE - SCOOTER ELECTRIQUE - ETATS-UNIS ]

Benjamin Voron est un homme qui aime les défis. La preuve. A partir du 13 mars, il va tenter de relier New York à Los Angeles aux Etats-Unis au guidon d'un scooter 100 % électrique pour un "road movie" de 6.000 kilomètres.
Baptisé Electrip, ce périple vise à promouvoir l'utilisation d'un véhicule électrique et de prouver son engagement dans la préservation de l'environnement puisque grâce à chaque "fan" soutenant ce défi, un kilo de CO2 sera compensé. 

Ce n'est pas une première pour ce passionné d'aventure et de nature

Benjamin Voron, qui a déjà réalisé un tour du monde en vélo il y a une dizaine d'années, commencera véritablement son périple le lundi 28 février, où il doit embarquer à Valence (Espagne) pour rejoindre les Etats-Unis.  Après avoir quitté New York, il aura 90 jours pour rallier Los Angeles en scooter électrique capable de rouler jusqu'à 100 km/h et doté d'une autonomie d'environ 80 kilomètres.

Avant de partir, Benjamin Voron a bien voulu répondre à nos questions. Découvrez son interview :
 
Ushuaïa.com : une décennie après un tour du monde en vélo, vous repartez pour une nouvelle aventure : la traversée des Etats-Unis en scooter électrique. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de repartir ? 

Benjamin Voron : Onze ans, ce n'est pas très long, n'est-ce pas ? L'envie de repartir ne m'a jamais quittée. Quand on a pris goût à l'aventure, on a envie de replonger souvent.
J'ai profité de cette décennie pour finir mes études, travailler, fonder une famille... et réfléchir à de nouveaux projets. 

U.C : Qu'attendez-vous de ce périple qui allie aventure humaine, défi environnemental et performance technologique ?

B.V. : des rencontres surtout, la découverte d'un pays et de ses habitants. Cette aventure est d'abord une histoire de rencontres. Je ne pourrais avancer qu'en allant vers les gens, les Américains et eux me donneront un coup de main... électrique, je l'espère.
Et c'est vrai qu'y ajouter une dimension environnementale est évidemment positif et porteur de valeur. Enfin le défi technologique donne un peu plus de piment à l'aventure.

U.C.: Parlez-nous de ce scooter 100 % électrique ? Combien de temps faut-il pour le recharger ? Et l'entretien ? Sa fabrication ? Son poids ? Ses matériaux ?

B.V.: C'est un scooter de la marque VECTRIX que vous pouvez déjà croiser dans les rues de Paris par exemple.
C'est un gros scooter, il a davantage l'allure d'une moto que d'un 50 cm3 et il fait plus de 200 kg.
Il faut moins que quatre heures pour le recharger. Il est facile d'entretien, il n'a pas les contraintes liées à l'essence ou a l'huile par exemple (comme les vidanges, les filtres, les bougies...). Il est fabriqué en Europe, en Pologne exactement, ce qui est plutôt bon signe en termes de fiabilité et c'est une fierté supplémentaire de rouler sur un produit européen.
En termes de matériaux, il a un châssis en aluminium et les batteries sont en nickel hydrure métalliques (NiMH) et sont faites pour durer 80 000 kilomètres en pcpe.

U.C.: 6 000 kilomètres à parcourir sur un scooter électrique dont l'usage est réservé généralement au milieu urbain, Un voyage qui doit durer 90 jours avec un moyen de transport possédant une autonomie de 80 kilomètres. Pour vous permettre de réaliser cette traversée, les Américains devront vous donner accès à leur propre énergie pour vous permettre d'aller jusqu'au bout de cette aventure. Pensez-vous qu'ils joueront tous le jeu ? 

B.V. : Je l'espère évidemment mais je suis très confiant. J'espère déjà qu'ils seront sensibles à l'aventure que je mène et puis s'ils ne souhaitent pas m'aider, je ne pourrais pas partir... donc je resterai avec eux. Vous savez, pendant notre tour du monde à vélo, tous les habitants des 25 pays que nous avons traversé, ont été accueillants et généreux avec nous. Nous ne sommes pas passés aux Etats-Unis, c'est vrai, mais les gens sont bons, partout !

U.C. : Pour le gîte et le couvert, comptez-vous aussi sur la sympathie des Américains ? 

B.V. : Oui évidemment le plus possible mais je suis réaliste et envisage des nuits à l'hôtel, au camping... C'est vrai que ça n'est pas facile d'ouvrir sa porte, d'accueillir les gens chez soi, on verra bien...

U.C. : Les Etats-Unis font partie des pays les plus polluants de la planète. Pourquoi avoir choisi les routes américaines ? 

B.V. : C'est déjà une très bonne raison. C'est un peu un pied de nez au pays du roi pétrole. Au-delà de ça, c'est vrai que c'est un pays qui émet beaucoup de CO2 mais je crois qu'ils sont en train de développer des énergies propres partout sur leur territoire, notamment depuis l'arrivée du président Barack Obama.
Enfin parce-que  c'est un pays fabuleux que je ne connais pas du tout. Je ne connais personne qui m'a dit "les Etats-Unis... ce n'est pas bien". J'ai toujours rêvé de le traverser. 

U.C. : Aurez-vous le temps de jouer les touristes durant ce "road movie" ? Que mettrez-vous dans vos valises qui devraient être légères ? 

B.V. : Le touriste, je ne sais pas mais découvrir le plus de choses possible... oui. Mais c'est vrai que cette quête quasi permanente d'électricité va sans doute me prendre beaucoup de temps, c'est certain.
Côté bagage, le plus léger possible évidemment. Finalement, on met la même chose dans ses valises quand on part pour trois mois ou pour quelques jours non ? Les éléments les plus importants seront mon appareil photo/vidéo et mon ordinateur pour rester en contact avec tous ceux qui me suivent sur Facebook à la page electrip-usa.com

U.C. : Quelle(s) image(s) avez-vous des Etats-Unis ? Quelle ville vous attire le plus ? 

B.V. : New York évidemment car c'est une ville exceptionnelle paraît-il et parce que j'y arrive pour la première fois en bateau, à bord d'un cargo de 280 mètres de long.
Quelle plus belle perspective que de gagner pour la première fois New York par la mer ? Et puis l'intérêt de cette traversée est de découvrir l'Amérique dans sa diversité et sa pluralité en traversant quatorze Etats.

U.C. : Pour vous, cette chevauchée fantastique sur un scooter 100 % électrique est un véritable engagement au service du développement durable. Pensez-vous que l'écologie intéresse vraiment les Américains ? 

B.V. : Oui je pense ! Pas tout évidemment mais je crois qu'ils en ont de plus en plus conscience. Je vais aller voir sur place et je vous dirais...

U.C. : Vous dîtes que l'éolienne sera le fil rouge de ce projet. L'objectif est de collecter un maximum de photos de fans avec une éolienne. Pouvez-vous nous en dire plus ? 

B.V. : Oui c'est ça, je trouve ce symbole de l'éolienne d'enfant riche en messages. L'éolienne est évidemment un symbole des énergies nouvelles et renouvelables, productrices d'électricité. L'objet est beau et c'est une forme d'hommage que je souhaiterais rendre à tous ceux qui croient en ce projet et qui m'aideront là-bas. Je les prends en photo avec mon éolienne. L'opération a déjà commencé en France. J'en ai toujours une sur moi. 

U.C. : Etes-vous un accroc de l'écologie ? Que faites-vous quotidiennement pour l'environnement ? 

B.V. : Je ne suis pas un accroc mais j'y suis sensible évidemment. Concernant le scooter par exemple, je suis pragmatique. Quand tous les deux roues ne pollueront plus et feront dix fois moins de bruit, les rues de Paris et des autres villes de France seront plus agréables non ?
Pour terminer sur le volet environnemental, un de mes partenaires, l'agence Namaska s'associe avec moi pour compenser toutes les émissions de CO2 du projet Electrip auprès de l'organisation CO2 solidaire.
Je souhaite aller plus loin en impliquant les internautes dans cette initiative. Chaque fan de plus, c'est un kilo d'émission de CO2 que je compenserai pour financer des projets de préservation de l'environnement : + de fans = - de CO2.
Rendez-vous sur le site morefanslesscarbon.com. Cliquez et respirez.


Interview réalisée par Florence Loyal


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