Le Canada va demander à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) l'ouverture de consultations avec l'Union européenne (UE) sur la décision de cette dernière d'interdire le commerce des produits dérivés du phoque, a annoncé lundi le ministre du Commerce international, Stockwell Day.
Réaction de Stockwell Day
« Nous sommes déçus de cette décision. Nous croyons fermement qu'elle viole les normes de l'OMC ». En effet, selon M. Day, « la chasse canadienne suit les conditions établies par l'Union européenne elle-même ».
« Il est injustifiable qu'une décision commerciale ne soit pas basée sur des faits scientifiques et pour cette raison, nous annonçons aujourd'hui que nous allons faire appel de cette décision », ajoute t'il.
« S'il n'y pas d'accord, nous allons faire appel » auprès d'un groupe de règlement des différends, créé par l'OMC, précise le Ministre.
Réaction de Gail Shea, Ministre canadien des Pêches
« Il s'agit là d'une violation des engagements de l'UE auprès de l'OMC », affirme la ministre canadienne des Pêches, Gail Shea.
Pour Mme Shea, appuyée par la présidente de l'Inuit Tapiriit Kanatami, Mary Simon, l'UE se serait laissée « influencer » par la « propagande sans fondement » des « lobbyistes professionnels anti-chasse aux phoques ».
Pour les Inuits, la décision européenne est « une abomination »
L'Inuit Tapiriit Kanatami, principale organisation inuite canadienne, estime que ce règlement est une « abomination » qui « attaque directement les cultures, les communautés et le moyen de subsistance de beaucoup de monde ».
Assurant qu'ils continueront de chasser, les Inuits canadiens ont indiqué qu'ils étudiaient également de leur côté les recours juridiques possibles.
« Les Inuits de Russie, de l'Alaska, du Canada et du Groenland sont solidaires contre (la décision de) l'UE, car nous pratiquons une chasse durable et humaine depuis des millénaires et nous continuerons à le faire », affirme de son côté Violet Ford, vice-président de la branche canadienne du Conseil circumpolaire Inuit, ONG représentant 150.000 Inuits.
L'Union Européenne se défend contre ces accusations
« Le règlement a été préparé soigneusement afin de s'assurer qu'il respecte toutes nos obligations internationales », affirme Lutz Güllner, porte-parole de la commissaire européenne au Commerce, Catherine Ashton.
Ni protectionniste, ni discrimantoire, le règlement n'aurait qu'un but: « relayer la très vive inquiétude des citoyens de l'UE », explique M. Güllner, avertissant que « si d'aucuns décident de le contester à l'OMC, la Commission européenne va le défendre avec vigueur ».