L'industrie en Europe, amenée à développer le stockage du CO2 pour lutter contre le réchauffement climatique, jouera le jeu à condition que les gouvernements participent aussi financièrement. A ce jour, les gouvernements européens refusent de verser un centime.
Piégeage + stockage = technologie coûteuse et critiquée
"Si nous n'avons pas un instrument financier, alors le développement de cette technologie va prendre du retard et coûtera plus cher aux consommateurs" confirme à l'AFP Lars Josefsson, président du producteur d'électricité suédois Vattenfall, dont le groupe vient d'inaugurer une petite unité de piégeage et de stockage en Allemagne. Le piégeage et le stockage est une technologie très coûteuse et toujours critiquée par certains défenseurs de l'environnement.
L'eurodéputé libéral britannique Chris Davis estime à "10 milliards d'euros les financements nécessaires sur sept ans, de 2013 à 2020, pour développer dix ou douze projets commerciaux de démonstration. Le piégeage et le stockage pourraient permettre à l'Europe de réduire de 50% ses émissions de CO2 d'ici à 2050".
La proposition de Chris Davis
Chris Davis table sur une réserve de 800 millions de droits d'émissions de CO2 prévus pour les entreprises européennes du futur, dans le cadre du "paquet" climat de l'UE. Il propose d'en attribuer 500 millions pour couvrir des coûts de développement du piégeage et du stockage du CO2.
Le mécanisme permettrait de financer un projet pour stocker un million de tonnes de CO2 par an et nécessiterait un investissement de 500 millions d'euros sur 10 ans.
Sur la base d'une tonne de carbone à 25 euros, il se verrait allouer gratuitement 20 millions de permis d'émissions de CO2 sur 10 ans.
L'industriel pourrait alors se tourner vers les fonds carbone spécialisés, qui lui fourniraient de l'argent en échange de ces permis d'émission.
La proposition soumise mardi prochain
Cette proposition sera soumise mardi prochain aux membres de la Commission Environnement du Parlement européen réunis à Bruxelles, qui se prononcera notamment sur plusieurs amendements apportés aux propositions de la Commission sur le système d'échange de quotas d'émissions de gaz à effet de serre et sur le développement du captage et du stockage du CO2, qui permettraient de lutter efficacement contre le réchauffement climatique.
Le charbon à l'origine de 24% des émissions de CO2 en Europe
L'Union Européenne s'est donnée pour objectif de réduire toutes ses émissions de gaz à effet de serre d'au moins 20% d'ici 2020 par rapport à leurs niveaux de 1990 et de 30% en cas d'accord international. Le charbon est à l'origine de 24% des émissions de CO2 en Europe. Son utilisation est beaucoup plus élevée aux Etats-Unis, en Chine et en Inde, trois pays qui refusent tout engagement contraignant pour lutter contre le réchauffement climatique.