Le fjord glacé d'Iulissat (ouest du Groenland), classé en 2004 par l'Unesco au patrimoine de l'humanité, est aujourd'hui malade. Cette merveille du monde, appelée Sermeq Kujalleq en groenlandais, poursuit son recul et est l'un des exemples les plus frappants du réchauffement climatique sur le sol arctique.
Selon les glaciologues, le grand glacier d'Iulissat se désintègre. Il est pourtant l'un des plus actifs et des plus rapides au monde. Son velâge annuel (détachement de blocs de glace) fait tomber des morceaux géants, qui avancent à une vitesse d'environ 35 mètres par jour pour ensuite devenir des icebergs dans la mer.
Un glacier qui recule est un glacier qui diminue
Le bord du glestcher, qui se trouve à l'extrémité inférieure du glacier, a reculé de plus de dix kilomètres entre 2001 et 2003. Un chercheur avoue : "Le problème est que le front du glacier recule de plus en plus, et un glacier qui recule est un glacier qui diminue en extension, signe évident du réchauffement qui s'est accéléré ces dernières années dans l'Arctique".
La baleine, une espèce envahissante !
La glace a considérablement diminué et les autochtones ne peuvent plus pêcher et chasser. Pour pêcher la crevette ou le flétan, les pêcheurs doivent aller de plus en plus loin. Le réchauffement fait le malheur des pêcheurs mais le bonheur des baleines et notamment la baleine à bosse, qui a envahi ces eaux et qui se nourrit de plancton, le "mets" préféré du flétan, désormais en voie de disparition dans cette partie du globe.
Des millions de personnes menacées ?
La fonte de la calotte glaciaire du Groenland va se poursuivre si le réchauffement climatique se confirme. Les conséquences seront catastrophiques puisque le niveau des océans augmenterait de six à sept mètres, menaçant des millions de personnes vivant à moins de trente kilomètres de la mer.
L'étendue de la banquise en Arctique a atteint un niveau minimum le 12 septembre : 4,52 millions de km2. Le chercheur danois Abbas Khan constate : "La glace fond maintenant dans certains endroits sur la côte est quatre fois plus rapidement qu'avant".