L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a mis en cause la validité d'une étude autrichienne sur les effets nocifs du maïs OGM MON810 concernant la reproduction des souris, qui avait fondé la suspension de cette culture en Autriche.
Autriche et Afssa : des avis différents
Cette étude autrichienne, conduite sur plusieurs générations de souris nourries pendant vingt semaines avec du MON810, conclue que les femelles peuvent être affectées par des problèmes de reproduction. Elle souligne toutefois qu'il s'agit de « résultats provisoires » ne pouvant « en aucun cas être aujourd'hui reportés sur l'être humain ».
Ces conclusions ont conduit le gouvernement autrichien à déclencher la clause de sauvegarde à Bruxelles, autorisant un pays européen à suspendre la culture des organismes génétiquement modifiés en cas de doute fondé sur les impacts sanitaires et/ou environnementaux.

Pour l'Afssa, cette étude, publiée en novembre 2008 et commanditée par le ministère de la Santé autrichien, « présente d'importantes faiblesses, tant au niveau de la démarche expérimentale utilisée, qu'au niveau des interprétations des résultats, basés, pour certains, sur des calculs erronés ».
L'agence française - qui précise avoir « entrepris une analyse rigoureuse de l'étude autrichienne » - mentionne que celle-ci « n'avait pas fait l'objet d'une évaluation par un comité de lecture d'une revue scientifique ».
Par conséquent, « cette étude ne remet pas en cause les conclusions de l'avis rendu par l'Afssa en 2005 sur ce maïs hybride », favorable à la culture du MON810.
2005 : étude de l'Afssa sur le maïs MON810
L'Afssa considérait alors que la consommation de ce maïs « ne présente pas de risques nutritionnels pour l'homme et pour l'animal ». Elle avait confirmé cet avis en avril 2008, assurant que les maïs transgéniques présentent « le même niveau de sécurité sanitaire » que les variétés de maïs conventionnelles.