Grâce à la connaissance du génome de la vigne, séquencé il y a deux ans, les chercheurs devraient mieux maîtriser la culture de la vigne en mettant au point de nouvelles variétés plus résistantes aux maladies et mieux adaptées au réchauffement climatique.
La viticulture doit trouver des pistes pour maintenir une maturation assez tardive
Les vendanges, qui ont déjà été avancées d'un mois au cours des dernières décennies, sont de plus en plus souvent effectuées en plein été, par temps chaud et sec, tandis que les précipitations sont plus abondantes qu'autrefois en hiver. Une conjonction plutôt défavorable.
"La viticulture doit trouver des pistes pour maintenir une maturation assez tardive malgré l'augmentation des températures et la raréfaction des ressources en eau. Si le réchauffement est aussi rapide que prévu, on pourrait être amené à planter de la syrah en Alsace, un cépage de la vallée du Rhône" a déclaré Serge Delrot, de l'Institut des sciences de la vigne et du vin en Gironde.
Le remplacement d'un cépage par un autre dénaturerait le goût du vin
Il faut toutefois savoir que le remplacement d'un cépage par un autre dénaturerait le goût du vin et ne peut être qu'une solution de dernier recours, lorsque les marges de manoeuvre dans la conduite de la vigne (taille, effeuillage..) auront été épuisées.
La génomique sert à avoir moins recours aux pesticides
La filière viticole espère que grâce à la détermination des gènes associés aux différents goûts (sucré, salé..) et aux précurseurs d'arômes du raisin, la diversité de la vigne pourra être maintenue.
A plus court terme, la génomique sert à "produire de nouvelles variétés qui résistent mieux aux maladies" et d'avoir moins recours aux pesticides, a souligné Didier Merdinoglu, de l'unité Santé de la vigne et qualité du vin à Colmar.
La vigne, 4e plante dont le génome a été séquencé
Après l'arabette, le riz et le peuplier, la vigne fut la quatrième plante dont le génome a été séquencé. C'était en 2007 ! Parmi les quelque 30.000 gènes de la vigne, ceux qui induisent une résistance particulière aux maladies ont, comme chez les autres plantes, une structure particulière, identifiable.
"Il existe des sources de résistance dans les vignes sauvages, asiatique ou américaine, qui peuvent être utilisées pour produire de nouvelles variétés résistantes" a expliqué Didier Merdinoglu.
Ils n'envisagent pas de cultiver des OGM
Les chercheurs testent les effets de certains gènes en ayant recours à la transgénèse (en transférant un gène d'un organisme vivant sur un autre). En accord avec les professionnels de la filière viticole, ils n'envisagent pas de cultiver des organismes génétiquement modifiés (OGM).
Afin de conférer une résistance à un cépage, on peut procéder par croisement. Dans ce cadre, la génomique permet de "définir des marqueurs moléculaires pour repérer les individus qui ont retenu la caractéristique recherchée après croisement" a précisé Anne-Françoise Adam Blondon, directrice-adjointe de l'Unité de génomique végétale à Evry.