Les ministres de l'Agriculture du G8, qui se trouvaient en Italie depuis vendredi, ont achevé lundi leur réunion sur la crise alimentaire mais elle n'a pas débouché sur de véritables solutions concrètes face à la faim dans le monde.
Ils ont toutefois souligné "l'importance d'accroître les investissements privés et publics dans l'agriculture durable". Puis ils ont appelé les institutions internationales à "examiner la possibilité d'un système de stockage" de réserves alimentaires qui serait utilisé en cas d'"urgence humanitaire" ou "pour limiter la volatilité des prix".
Les objectifs du Millénaire pas atteints
Ils ont aussi constaté que les objectifs du Millénaire fixés par les Nations Unies en matière de réduction de la malnutrition, n'avaient toujours pas été atteints : "La déclaration du Millénaire de 2000 avait pour but de réduire de moitié la proportion de la population confrontée à la pauvreté et à la malnutrition d'ici 2015 : le monde est très loin d'atteindre cet objectif".
Et la spéculation sur les matières premières ?
La spéculation sur les matières premières est l'une des causes de la flambée des prix, qui a entraîné des émeutes de la faim dans de nombreux pays l'an dernier. Concernant ce problème, la déclaration est restée vague. "Il devrait y avoir une surveillance et une analyse supplémentaire des facteurs qui affectent potentiellement la volatilité des prix sur les marchés des matières premières, y compris la spéculation"
Le saviez-vous ?
Selon la FAO, le nombre de personnes sous alimentées dans le monde se rapproche du milliard. Il faut aussi rappeler que la flambée des prix concernant les matières premières ont entraîné des émeutes sanglantes dans de nombreux pays du globe ces derniers mois.
"Il est obligatoire de doubler la production car en 2050"
La crise économique, qui sévit dans le monde, pourrait aggraver la situation en fragilisant les pays en développement et en entraînant une baisse des investissements dans l'agriculture.
"Nous attendons (...) un plan concret d'action, et non une nouvelle déclaration, pour assister vraiment à une inversion de tendance au niveau des investissements agricoles en déclin depuis 20 ans. Il est obligatoire de doubler la production car en 2050, la population mondiale aura énormément crû" a déclaré le président du Fonds International pour le Développement Agricole Kanayo Nwanze.
"C'est un premier pas important"
Le directeur général de la FAO Jacques Diouf s'est dit "satisfait du fait que l'on ait pu réunir tant de hauts responsables de l'agriculture du monde (...) pour attirer l'attention internationale sur le fait que nous n'étions pas sortis de la crise alimentaire. C'est un premier pas important. Maintenant, nous espérons que dans le cadre du sommet (de la FAO) que nous avons proposé (...) nous pourrons aborder les problèmes structurels et venir avec des solutions concrètes".
Concernant les énergies renouvelables, les ministres estiment que "leur production doit être augmentée de manière durable" sans toutefois "compromettre la sécurité alimentaire".
Le premier G8 de l'Agriculture regroupait les pays suivants : Etats-Unis, Russie, Allemagne, Japon, France, Canada, Grande-Bretagne et Italie. Les pays du G5 (Brésil, Chine, Inde, Mexique et Afrique du Sud) ainsi que l'Argentine, l'Australie et l'Egypte étaient aussi invités. La déclaration sera soumise aux chefs d'Etat et de gouvernements en vue de leur sommet de juillet en Sardaigne.