Il semblerait que le grignotage, le sel, les matières grasses ou encore l'alcool soient en perte de vitesse dans les foyers français. Ils disent manger plus équilibré, mais ils se laissent de plus en plus tenter par les plats tout prêts, tout en surveillant davantage leur budget.
Que signifie le terme manger mieux ?
En effet, 75,9 % des sondés estiment manger de façon équilibrée, selon le Baromètre santé nutrition 2008, troisième enquête en 12 ans, publiée mardi par l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé.
"Manger équilibré" signifie essentiellement, pour les personnes interrogées, "manger varié", "favoriser certains aliments" comme les fruits et légumes, et, dans une moindre mesure, en éviter certains, comme les produits gras ou salés.
Cette prise de conscience dans la composition des menus est influencée par la "santé" et le "budget" qui sont aujourd'hui déterminants.
Le prix ou la qualité ?
Et le prix est-il déterminant comme critère de choix du lieu d'achat des produits alimentaires ? Il semblerait que oui !
En revanche, la proportion de personnes citant le critère de qualité et variété a diminué de moitié.
La cherté des fruits est un obstacle
Le facteur prix apparaît aussi particulièrement sensible dans la consommation des fruits et légumes. 11,8 % des Français âgés de 12 à 75 ans ont mangé des fruits et légumes au moins 5 fois la veille de l'enquête (contre 10 % en 1996 et 2002). En 2008, près de 43 % des personnes qui pensent ne pas manger suffisamment de fruits évoquent leur prix comme étant un obstacle, contre 15 % en 2002. Pour les légumes, la proportion est passée de 15,4 % à 37 % en 2008.
Selon l'enquête de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé, près de 3 % des Français n'ont pas toujours assez à manger. De plus, 40 % mangent à leurs fins mais pas toujours les aliments qu'ils souhaiteraient.
Les Français de plus en plus tentés par des plats tout prêts
Les plats tout prêts font de plus en plus d'adeptes. La proportion de personnes, qui affirme avoir consommé un plat tout prêt au moins une fois par semaine a nettement augmenté, passant de 32,2 % en 2002 à 47,3 % en 2008.
La consommation reste nettement plus importante chez les jeunes et les jeunes adultes.
La baisse de la consommation d'alcool se confirme (37,4 % des 18-75 ans déclarent avoir bu la veille de l'enquête, contre 39,4 % en 2002 et 44,7 % en 1996).
Quant au grignotage entre les repas, il diminue depuis 2002. Il est passé de 8,8 % à 5,6 % en 2008. Cette tendance s'observe aussi chez les jeunes de 12 à 18 ans (8,5 % en 2008 contre 13,3 % en 2002).
En revanche, la consommation de boissons sucrées a augmenté, passant de 19,5 % à 22 % entre 2002 et 2008. Enfin l'activité physique, qui joue un rôle essentiel dans l'équilibre nutritionnel, reste insuffisante. 58 % des Français âgés de 15 à 75 ans n'atteignent pas le niveau d'exercice recommandé.
Le Baromètre santé nutrition 2008 a été réalisé auprès d'un échantillon représentatif de 4.714 personnes âgées de 12 à 75 ans, interrogées par téléphone.