La mise en culture du maïs génétiquement modifié Bt11 est "acceptable" mais car il y a des mais... Il faut qu'elle soit accompagnée de certaines mesures contraignantes selon le comité scientifique du Haut conseil des biotechnologies (HCB).
Les experts de ce comité scientifique ont en effet pointés les incertitudes concernant les effets potentiels de cet OGM sur l'environnement et la santé et recommandent notamment la mise en place de plans de surveillance post-commercialisation pour surveiller d'éventuels "effets inattendus".
Les experts estiment aussi qu'il faut mettre en place des zones refuges pour prévenir le risque de résistance chez les insectes cibles et d'impacts néfastes sur les espèces non cibles comme les abeilles.
Rappelons que le maïs Bt11, du groupe suisse Syngenta, a été génétiquement modifié pour protéger notamment la plante contre certains ravageurs, en particulier la pyrale et la sésamie.
Le plan de surveillance post-commercialisation qui concerne à la fois l'apparition de résistance aux deux transgènes et les effets éventuels sur la santé mais aussi sur l'environnement devront être améliorée. Quant aux experts, ils ne possèdent pas assez de données sur la dissémination et les effets toxicologiques.
Le Comité économique, éthique et social du Haut conseil des biotechnologies, a également énuméré un certain nombre d'avantages mais aussi plusieurs points d'"incertitudes".
Il s'interroge aussi sur la propension du Bt11 "à ralentir voire contourner la pression de changement vers des méthodes agricoles alternatives".
Pour ce Comité, sa culture peut présenter un intérêt dans les zones à risque élevé d'infestation par la pyrale et la sésamie, comparée à la culture du maïs conventionnel traité par un insecticide de synthèse, non seulement en termes environnemental, sanitaire et économique. Il publie par ailleurs une "position divergente" présentée par plusieurs associations dont Greenpeace et la Confédération paysanne.
Encore plus dangereux que le MON810 ?
Ces associations estiment que le Bt11 génère "des risques encore plus nombreux" que le MON810 de Monsanto et regrettent que de nombreuses "incertitudes sur les conséquences environnementales, sanitaires et sociales mises en évidence" soient renvoyées à des plans de surveillance.
"Nous avons de fortes réserves sur l'avis du HCB de manière globale" a expliqué Rachel Dujardin (Greenpeace), regrettant que son analyse laisse au second plan les alternatives possibles tant aux OGM qu'aux "mauvaises pratiques agricoles" actuelles telles que la monoculture sans rotation.
"Il faut essayer de revoir nos pratiques agricoles et les rendre plus respectueuses de l'environnement plutôt que de partir dans des cultures OGM dont on ne maîtrise absolument pas les risques à moyen et long terme" a-t-elle estimé.
Sa mise en culture doit être soumise à une décision européenne lors d'un Conseil des ministres dont la date n'a pas encore été fixée, rappelle le ministère de l'Ecologie.