Plusieurs organisations écologistes ont dénoncé jeudi l'avis émis par l'Agence française
de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) qui réaffirme que le maïs génétiquement modifié n'est pas dangereux pour la santé humaine. Quelques jours avant un débat à la Commission européenne, ces organisations réclament purement et simplement le maintien de la clause de sauvegarde activée l'an dernier par la France par le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, dans la foulée du Grenelle de l'environnement. Cette clause permet à un pays d'Europe d'interdire un OGM autorisé au plan communautaire, à condition de justifier cette mesure avec un dossier scientifique.
Ça montre l'urgence de la remise à plat des organismes comme l'Afssa
Pour les organisations vertes, l'agence se base les conclusions de rapports majoritairement commandés par les producteurs de maïs sur un sujet qui demande à être étayé par des études scientifiques indépendantes. "Je ne suis pas étonné. Ça montre l'urgence de la remise à plat des organismes comme l'Afssa et qu'il faut véritablement qu'aux niveaux national et européen on ait des outils indépendants" a déclaré José Bové.
On comprend l'opération de manipulation en cours
Le rapport de l'Afssa "est une opération de manipulation" digne des "années Tchernobyl", a estimé Corinne Lepage, présidente du parti écologiste Cap 21, membre fondateur du MoDem. "Les soi-disant rapports de l'Afssa et de l'Efsa (son homologue européenne) pour valider le maïs MON 810 apparaîtront dans l'histoire comme les rapports des années Tchernobyl niant une contamination de la France" a déclaré l'ancienne ministre de l'Environnement.
Les seules études disponibles sont celles des producteurs de maïs
"Quand on sait qu'aucune étude publique n'a été menée directement pour étudier le comportement de rats ayant consommé des OGM, que les seules études disponibles sont celles des producteurs de maïs" et que le ministre de l'Agriculture Michel Barnier "refuse de communiquer les études précisément sur le MON 810 (...) on comprend l'opération de manipulation en cours" condamne-t-elle."L'avis de telles instances s'apparente à des autojustifications destinées à réitérer des avis précédents pour éviter toute mise en cause ultérieure de la responsabilité de ceux qui les ont donnés. Il est impératif que des études indépendantes financées par l'Etat soient réalisées et portées à la connaissance du public avant que ne soit affirmé que le maïs MON 810 est sans danger pour la santé" a-t-elle fini par conclure.
Le président délégué de Cap 21 veut une position ferme de la France
Eric Delhaye, président délégué de Cap 21, veut une "position ferme de la France sur la clause de sauvegarde". "Il faut sauver" cette clause, estime pour sa part l'organisation France Nature Environnement, selon qui "les décisions relatives aux OGM doivent respecter le principe de précaution et être prises démocratiquement".
L'Autorité européenne de sécurité des aliments semble du même avis
Les éléments du rapport Le Maho "n'apportent aucun élément nouveau qui remettrait en cause la sécurité sanitaire des maïs portant l'événement Mon 810" selon un rapport de l'Afssa, publié mercredi par Le Figaro. L'Autorité européenne de sécurité des aliments semble du même avis puisqu'elle estimait en octobre dernier que l'embargo français sur le maïsgénétiquement modifié Mon 810 n'était pas justifié.