Une étude de l'Institut national de recherche agronomique (Inra) révèle qu'il n'existe actuellement aucune technique de détection permettant de déceler si une vache a été nourrie avec des organismes génétiquement modifiés (OGM), comme le maïs Bt176.
Cette étude, dirigée par Yves Bertheau, publiée dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry, survient alors que le débat fait rage sur la traçabilité et l'étiquetage pour le consommateur des produits alimentaires pouvant contenir des OGM.
Impossibilité de différencier les animaux nourris aux OGM
Les auteurs de l'étude ont analysé des échantillons de sang prélevés sur deux groupes de 24 vaches nourries ou non au maïs transgénique Bt176, qui synthétise une protéine insecticide.
Selon les chercheurs, "de petits morceaux d'ADN provenant de la nourriture peuvent bel et bien traverser la membrane intestinale et se retrouver dans le sang des ruminants". Mais, "dans aucun échantillon, la séquence d'ADN transgénique propre au maïs Bt176 n'a pu être retrouvée de façon certaine" dans le sang des bovins objets de l'étude, soulignent les chercheurs.
Ce qui "écarte ainsi, pour l'heure, la possibilité d'un contrôle analytique capable de reconnaître les animaux nourris aux OGM", affirment-ils.

Absence de législation sur ce problème
L'étude a été réalisée à la demande de l'industrie laitière, pour savoir si un test pouvait permettre d'identifier les animaux nourris aux OGM. Cela permettrait entre autres à l'industrie agro-alimentaire de valoriser les animaux nourris avec des aliments conventionnels.
Actuellement, souligne l'Inra, "aucune législation dans le monde n'a pris en compte ces revendications". En Europe, les produits issus d'animaux nourris aux OGM (lait, œufs, etc...) ne sont pas soumis à l'obligation d'étiquetage, contrairement aux produits des cultures OGM.