Après le pavé jeté dans la mare par l'agence française de sécurité sanitaire des aliments, qui affirme que le maïs génétiquement modifié MON 810 ne pose pas de problème de santé particulier, les scientifiques restent prudents : "On ne connaît pas les effets à long terme des OGM, on n'en a aucune idée et on ne fait rien pour les connaître" a reconnu Pierre-Henri Gouyon, scientifique du CNRS et du Museum d'Histoire naturelle.
On peut dire qu'à l'heure actuelle il n'y a pas de preuve de toxicité
"Sur le plan sanitaire, nous avons soulevé avec Yvon Le Maho l'absence de connaissance des effets à long terme : on regarde l'effet sur des rongeurs à 90 jours mais on ne regarde même pas ce que ça donne à la génération suivante. C'est scandaleux. On peut dire qu'à l'heure actuelle il n'y a pas de preuve de toxicité (du MON 810), le problème est surtout qu'on fait si peu pour en trouver" a jugé Pierre-Henri Gouyon.
Il avait jugé impossible de conclure à son innocuité
Yvon Le Maho avait été mandaté par le ministère de l'Environnement pour étayer les arguments de la France, qui réclamait à Bruxelles la suspension des cultures de maïs transgénique. Il avait jugé impossible, dans son rapport sur le maïs MON 810, de "conclure à son innocuité" pour la santé et l'environnement. Il était resté prudent : "Tant qu'on n'a pas la preuve d'absence de risque sanitaire, environnemental etc, il faut appliquer le principe de précaution".
Au nom de ce principe de précaution, le gouvernement français avait interdit début 2008 la culture de cette semence transgénique et déclenché auprès de l'Union européenne la clause de sauvegarde, suivant ainsi l'avis de la Haute autorité provisoire sur les OGM.
Ce type d'instance n'assure pas son rôle de prévention
Concernant l'agence française de sécurité sanitaire des aliments, Pierre-Henri Gouyon estime que ce type d'instance "n'assure pas son rôle de prévention". "Il y a des gens qui pensent que l'essentiel est de faire tourner le commerce et d'autres qui pensent qu'il faudrait quand même mettre un minimum de précautions dans le système. L'Afssa est clairement dans la première option".