Pour les consommateurs, la mode dite responsable est un "objet marketing mal identifié" ! Pour les marques, ce concept n'est encore qu'aux balbutiements (1,5 % des ventes) mais est appelé à se développer.
"Il y a une montée très importante des préoccupations sociales et environnementales, et en même temps la mode responsable, les consommateurs ne voient pas très bien encore ce que c'est" a expliqué Evelyne Chaballier, qui travaille à l'Institut français de la mode.
Pour certains consommateurs, la mode est "synonyme de plaisir, de choix, de désirs pour de nouveaux produits (...)" soulignent les auteurs de l'étude.
Dans la mode responsable, on entend à la fois les produits biologiques (coton bio), le commerce équitable, où on rémunère correctement le producteur, le commerce éthique, où on garantit le respect des conditions de travail, ou encore les entreprises qui font plus que respecter les règles de l'Organisation internationale du travail.
On y retrouve aussi les "produits partage", dont une partie du prix est reversé à une association, ou encore les modes de production respectueux de l'environnement.
Mais qu'est-ce qui freine l'acheteur ?
Si 21 % des personnes interrogées disent avoir déjà acheté des vêtements bio ou éthiques, un quart des sondés affiche son scepticisme vis-à-vis de ce type de produits, invoquant des prix trop élevés, des articles trop basiques ou un manque de confiance vis-à-vis du discours des marques, soupçonnées de "greenwashing" (laver trop vert).
Il faut certes que le produit responsable "ne fasse pas trois fois le tour de la Terre entre la fibre et le produit fini", mais la réflexion "doit aller de la production jusqu'à la destruction" du vêtement, en passant par son lavage et son séchage, a indique Evelyne Chaballier.
5 à 8 % des ventes en 2015
Le développement de la mode responsable va nécessiter de la recherche au niveau des matières, mais il faut aussi "que les créateurs s'emparent de la chose".
Le développement de la mode responsable devrait atteindre 3 % des ventes en 2012 et 5 à 8 % en 2015.
Cette étude a été conduite par l'Institut français de la mode pour le Comité de développement et de promotion de l'habillement entre octobre 2008 et décembre 2009.