Pour Luc Guyau, président de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'envolée spéculative du prix des céréales pourrait déclencher de nouvelles émeutes de la faim. Par conséquent, il a appelé à plus de régulation des marchés.
Une hausse pas justifiée
"La hausse des cours est beaucoup plus spéculative qu'en 2007 et n'est pas justifiée par la baisse, réelle, de la production" du fait notamment de la sécheresse en Russie, a déclaré Luc Guyau.
Risque de nouvelles émeutes de la faim
"Si cela devait durer trop longtemps, on ne peut pas sous-estimer le risque de nouvelles émeutes de la faim", comme celles qui avaient été observées dans plusieurs pays en voie de développement il y a trois ans, a-t-il ajouté.
La flambée est d'autant plus exagérée que les stocks de blé s'établissent à environ 90 jours, alors qu'ils étaient tombés à 56 jours en 2007, a estimé le président du Conseil de l'organisation la FAO.
Que préconise-t-il ?
Luc Guyau a préconisé une accentuation des productions vivrières locales, et non plus des cultures d'exportation soutenues jusqu'à récemment par la Banque mondiale, et une meilleure régulation des marchés par la constitution de stocks plus importants.
"Sous l'effet de la crise financière et des émeutes, l'idée de régulation n'est plus un mot tabou" s'est-il réjoui. "Elle fait lentement son chemin, même si ça ne veut pas dire qu'elle est en passe de s'imposer" a-t-il ajouté. "La volatilité excessive des prix est dangereuse pour les producteurs comme pour les consommateurs" a souligné le responsable.
"J'ai connu beaucoup de crises mais jamais une crise sur l'ensemble des productions d'un coup" a-t-il relevé.