Depuis le Jolokia, Eric nous livre ses impressions sur cette course "Défi Intégration".
De drôles d'impressions
Y a pas à dire mais depuis hier soir on ressent comme un changement dans notre environnement marin. Nous sommes enfin dans les navigations tropicales.
Le ciel d'abord est caractéristique des ciels d'Alizés. Il est globalement bleu et de chaque côté du sillage de Jolokia des cumulus de même taille forment des trains qui avancent régulièrement.
On s'y fait bien aux Alizés
Le vent est chaud et régulier (15-20nds). La mer est bleue foncée avec de petits moutons blancs. A l'intérieur tout est sec. Même le banc de la cuisine qui est d'habitude tout noir moite est aujourd'hui brun brillant. Ah! On s'y fait bien aux Alizés. On sait quoi mettre comme linge devant.
En ce moment nous portons notre "petit" spinnaker de 200m2 et ce depuis 9h00. Cette nuit, le vent était plus fort et nous arborions notre piment sur trinquette. Voiles différentes mais même vitesse et même glisse vers le sud. La vie du bord est toujours bien réglée par les quarts. On passe notre temps libre à dormir et à bricoler. David règle l'hydro-générateur watt & Sea. Justine fait son tour accastillage et dessale les poulies. Je fais la maintenance du dessalinisateur.
On a l'impression que tout est bien réglé, que tout va de soi naturellement. Tout pousse à nous faire oublier que nous sommes en record. L'océan semble nous dire : « pourquoi cette vitesse éperdue ? Allez affale ton spinnaker, mets la barre à droite et traverse moi mollement vers les Antilles ». Tentant... Je sens que quelques-uns à bord pourraient bien succomber à l'appel de ces sirènes.
Mais Jolokia sait où il veut aller. Il tire sur son spi et nous montre le sud. Il veut du vent. Il veut de la glisse. Il veut Bonne Espérance. Ça fait 7 ans qu'il attend ça notre grand piment rouge. 7 ans de ponton forcé au fond du port des Sables d'Olonnes. Et là après 2 ans de liberté conditionnelle c'est la quille. Blam !
Je vous écris sur la douceur des alizés et nous venons d'exploser la poulie du bout dehors. Hop! Affaler le spi en catastrophe. Trouver et installer une autre poulie. Renvoyer le spi qu'on a affalé en catastrophe (donc pas proprement évidemment). Et prier pour que ça tienne, tout en faisant le tour des poulies restantes. On est dans un record pas dans une transat ! Jolo a parlé. Ça fait un peu froid dans le dos en prenant du recul.
Cette course, dont l'équipage est composé à part égale de sportifs valides et handicapés, se propose de balayer les idées reçues sur le handicap, de relever la forte valeur ajoutée des personnes handicapées, leur pugnacité, leur courage, leur enthousiasme et leur foi en l'avenir.
L'objectif est bien précis : être le premier bateau à tenter l'Odyssée des Épices en 2010, un record océanique de 9000 milles entre l'île de Groix et l'île Maurice via le cap de Bonne-Espérance. L'arrivée devrait avoir lieu mi-novembre à l'Ile Maurice.
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