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05 novembre 2010 -
14h25 :
Défi intégration : les news du jeudi (4 novembre)
[ ECO-SOCIAL - DEFI INTEGRATION - COURSE EN MER ]

Défi intégrationIl y avait une drôle d'ambiance jeudi soir à bord du Jolokia selon Eric. 
 
Depuis quelques jours il faut vous avouer que c'est un peu "glauquy" en soirée. Il fait gris. La nuit tombe à 18h. Il fait froid et humide. On se croirait un peu en novembre...
Si on continue dans l'analyse de l'ambiance, selon moi, ça sent un peu la fin de  partie. On a l'impression étrange que le vol des Albatros hurleurs est notre dernière parade dans le sud avant longtemps...

Même si le lendemain ils reviennent encore, vu qu'on fait surtout de l'est et très peu de nord. On a renvoyé le génois tout à l'heure en se disant "Bon il y a un peu trop d'air pour lui mais c'est sa danse du cygne. Allez Benoît tiens bon encore un coup !" Bah oui sur Jolokia, le génois c'est Benoît. Quand je fais la stratégie du soir je mets "Maurice" en objectif. Et non plus "négocier la dépression", "Faire du sud", "faire de l'est", "Entourlouper Lisa".

Le défi intégrationQuand je commande mes fichiers grib et bien il y a l'île Maurice dans le cadre. Et même quand j'écris cette information je ne peux m'empêcher de me dire que c'est l'avant dernière si tout va bien.
Sur le puits de quille sur lequel j'ai pris l'habitude dès le premier soir d'inscrire les milles parcourus des dernières 24 h, la vitesse moyenne, la performance des quarts et un petit dessin symbolisant l'événement marquant de la journée, j'ai commencé l'ultime colonne.
Nous nous projetons vers la terre doucement. Il faut se forcer à se dire qu'il reste encore bien des milles avant l'île Maurice. Il faut se focaliser sur l'instant et se dire "Profite encore un peu mon gars! Après c'est retour maison."

Dans le cockpit, les discussions sont beaucoup tournées vers la morale de toute cette histoire. Vers la suite que l'on va donner à l'aventure. En témoigne la très belle information e Nico hier. Pas facile d'écrire ce que nous avons appris et ressenti durant ces trois ans.
Je trouve qu'il l'a très bien fait alors je n'ajouterai rien de plus. Bien sûr nous débattons encore à bord. Nous aurons encore le temps de digérer et, je l'espère, de tirer des succès et des échecs du Défi le maximum de leçons utiles à l'intégration des personnes handicapées. Une seule certitude pour l'instant, la mixité est possible et c'est une expérience fabuleusement enrichissante.
 
Le défi intégrationPour profiter au maximum de ces derniers jours, j'ai mon petit truc à moi. Je vole tous les après-midi deux heures de barre aux quarts. Je libère ainsi les frères dardus à 15 h et me fait remplacer à 17 h par les fous. Je peux alors passer un peu de temps en intimité avec Jolokia.
En tant que skipper hors quart, j'ai le sentiment d'avoir passé beaucoup de temps à le surveiller pendant ces deux mois et finalement peu à jouer avec lui. Alors pour ces derniers jours, je saute les générations et je passe allègrement du père austère au papa poule.

J'ai d'ailleurs réalisé tout à l'heure à la barre que j'étais en train de battre mon propre record de temps passé en mer sans escale : 57 jours. C'était il y a 6 ans et j'atterrissais à Tahiti après une traversée du pacifique sur Kifouine. 4500 milles. Nous avons parcourus plus du double avec Jolokia. Sur Kifouine, j'avais vraiment le sentiment d'être en mer dans une sorte de grande rêverie éveillée. Sur Jolokia, il y a plus de travail. Il faut être alerte et concentré. Autre temps, autre océan, autre bateau, autre équipage.

Le parcours de l'équipage du Jolokia en cliquant ici


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