Le secteur agroalimentaire s'en est mieux sorti en 2008 que le reste de l'industrie, et se dit « pas pessimiste » pour 2009.
Selon Jean-René Buisson, président de l'Ania (association nationale des industries alimentaires), « il n'y a pas de crise majeure dans l'agroalimentaire » et les tendances depuis le début de l'année « ne sont pas foncièrement mauvaises ».

Un secteur en forme
Premier secteur industriel français - avant l'automobile -, l'agroalimentaire (secteur chargé de la transformation des produits issus de l'agriculture et de la pêche), enregistre une hausse de son chiffre d'affaires en 2008. Les ventes ont affiché une progression de 5,5% à 162,9 milliards d'euros, souligne M. Buisson
Autre signe du dynamisme de la filière: les créations d'entreprises ont été sept fois plus importantes dans l'agroalimentaire que dans le reste de l'industrie, tandis que le nombre des faillites a été deux fois moindre.

Quels problèmes rencontre l'agroalimentaire ?
Le problème de la filière est qu'elle n'attire pas les jeunes, reconnait M. Buisson. Principale raison, selon lui : des « salaires peu attractifs ». Près des trois quarts des entreprises disent avoir du mal à embaucher et 10.000 postes sont actuellement à pourvoir.
Le secteur est aussi confronté à de « vrais sujets d'inquiétude » que sont la volatilité des cours des matières premières agricoles et l'accessibilité au crédit bancaire.
Ce dernier point est vital pour ce secteur très éclaté (10.500 entreprises dont plus de 90% sont des PME) et dont la rentabilité est désormais quasiment nulle, entre 0% et 1%, depuis les dernières négociations en février avec la grande distribution, explique Jean-René Buisson.