Le Conseil de l'Arctique a aujourd'hui éconduit la candidature de l'Union européenne, de la Chine, de l'Italie et de la Corée du Sud, au statut d'observateur permanent sur la question de la chasse au phoque, chasse qui créé actuellement une certaine tension entre le Canada et l'Union Européenne.
Dans une déclaration finale, à l'issue de leur réunion ministérielle biennale à Tromsoe, dans le nord de la Norvège, les huit pays du Conseil de l'Arctique (Etats-Unis, Russie, Canada, Danemark, Finlande, Norvège, Islande et Suède) ont « décidé de continuer de discuter du rôle des observateurs », qui risquent de devenir plus nombreux que les membres eux-mêmes.
Actuellement, seuls la France, le Royaume-Uni, l'Espagne, les Pays-Bas et la Pologne ont le statut d'observateur permanent. L'UE, la Chine, l'Italie, la Corée du Sud possèdent celui « d'observateur ad hoc » : leur présence à chaque réunion doit être approuvée par les pays membres.

La chasse au phoque : la question qui divise
Le Parlement européen doit voter, début mai, l'interdiction de la commercialisation des produits du phoque dans l'UE, déjà avalisée la semaine dernière par les ambassadeurs européens auprès de l'UE.
"Certaines institutions européennes ont fait preuve d'un manque de compréhension à l'égard des intérêts des peuples et Etats de l'Arctique", affirme le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon.
"Je regrette énormément (...) que le Parlement européen et le Conseil (des ministres européens, ndlr) envisagent actuellement une interdiction à l'échelle européenne sur la commercialisation des produits dérivés du phoque", ajoute M. Cannon.
"Il est particulièrement décevant que l'on travaille à une telle interdiction alors que les preuves sont claires: la chasse au phoque au Canada est raisonnable, humaine et bien gérée", affirme t'il.
Au cas où le Parlement Européen voterait en faveur de cette interdiction, le Canada et la Norvège ont déjà annoncé leur intention de porter plainte devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
La question des observateurs permanents ne pourra pas être réexaminée avant la prochaine rencontre ministérielle du Conseil en 2011, sous présidence danoise.