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11 juin 2010 -
16h00 :
La clôture de la pêche au thon est irréversible
[ ECO-SOCIAL - THON ROUGE ]

La pêche de thon rouge pour les thoniers senneurs est-elle vraiment terminée ? Pour Olivier Drewes, porte-parole de la Commission européenne en charge de la Pêche, la décision de clore la campagne 2010 est "irréversible pour les senneurs".
"Mais elle ne concerne pas les autres formes de pêche" artisanale, a-t-il insisté. Les thons rouges peuvent être capturés à la senne, de grandes nasses permettant de les prendre vivants pour les transférer vers des "fermes" pour les engraisser en haute mer, ou à la palangre (des lignes d'hameçons) et à la canne notamment.

Pourquoi une telle précision ?

Il y a quelques heures, la France a sommé Bruxelles de lui fournir les preuves que les quotas français de pêche au thon avaient bien été atteints. La Commission a reçu les données de pêche transmises par la France et est en train de les vérifier, a-t-il précisé.
A défaut, la France demandera à la Commission de "prononcer sans délai la réouverture de cette pêche à partir du samedi 12 juin pour une durée maximale de 48 heures jusqu'à la consommation complète" des quotas. En attendant, la "France se conformera à la décision" de la Commission.

Epuisement des quotas ?
 
Depuis mercredi, Bruxelles a décidé la fermeture anticipée de la pêche au thon rouge six jours avant sa fermeture officielle prévue le 15 juin.
La commission, qui a pris cette décision au nom du principe de précaution, s'est fondée sur des évaluations et des chiffres remontant à mardi selon lesquels les bateaux français auraient atteint mercredi leurs quotas.

Selon le comité national des pêches français, sur le quota de 1.699 tonnes accordé aux thoniers senneurs français, il reste 166 tonnes à pêcher. Le président du syndicat des thoniers méditerranéens Mourad Kahoul parle lui de 240 tonnes non pêchées cette année.

LCI-TF1, Un thonier sur le port de MarseilleSelon Mourad Kahoul, président du syndicat des thoniers méditerranéens, les sept bateaux français, encore dans les eaux maltaises, zone de pêche habituelle avec les Baléares, ont pour consigne de ne pas rentrer "tant qu'ils n'auront pas atteint leurs quotas".

Pour l'heure, les thoniers sont amarrés dans le port de La Valette en raison du mauvais temps. Mais "dès qu'une accalmie se profilera, les bateaux repartiront à la pêche" a-t-il assuré. L'accalmie est attendue dans la nuit de vendredi à samedi, quelques heures avant l'ultimatum du ministre.

"Que la Commission applique la réglementation" a déclaré Mourad Kahoul.
Il rappelle qu'ils ont notamment accepté la nomination d'un observateur sur chaque bateau pour vérifier la concordance des déclarations avec les prises effectives. "Qu'elle (la Commission, ndlr) demande les chiffres aux observateurs" a fait valoir Mourad Kahoul.
Depuis 2008, la France s'est aussi dotée d'outils permettant de prouver en temps réel l'état des captures de ses senneurs, souligne le comité national des pêches. Des livres de bord électroniques enregistrent les prises en temps réel et les transmettent aux autorités françaises ainsi qu'à la Commission européenne à intervalles réguliers.

"(...) nous étions obligés mardi de prendre ces mesures pour assurer qu'on n'ait pas une situation de surpêche aujourd'hui" a précisé un porte-parole de la commissaire en charge de la Pêche Maria Damanaki.


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