Le gouvernement péruvien a décrété samedi l'état d'urgence, pour 60 jours, dans certaines régions amazoniennes du nord-est.
Cette décision fait suite à des actions de communautés indigènes mettant en danger, selon le gouvernement, l'exploitation de gisements de gaz et de pétrole.

Des actions fortes des Indiens d'Amazonie qui se disent dépossédés de leurs terres
Selon le communiqué du gouvernement, l'extraction, la transformation et le transport de pétrole brut « ont été affectés par des actes de violence de la part de l'organisation dénommée Mobilisation des peuples amazoniens ».
Le dernier mois, blocus et occupations de sites se sont multipliés. Ces actions sont menées par les communautés indigènes, qui se disent dépossédées de leurs terres et de leur eau à travers les concessions accordées par l'Etat à des groupes miniers et pétroliers étrangers.
En conséquence, selon un texte publié dans le journal officiel, les droits constitutionnels (comme la liberté et la sécurité des personnes, l'inviolabilité du domicile, la liberté de réunion et de déplacement) ont été suspendus dans plusieurs districts des régions de Cusco, Ucayali, Loreto et Amazonas.

Une radicalisation des actions ?
Alberto Pizango, président de l'Association interethnique pour le développement de la jungle péruvienne (Aidesp), annonce une radicalisation prochaine des protestations.
Objectif de ces actions : obliger le gouvernement à abroger des normes légales qui, selon les communautés indigènes, sont une atteinte à leur souveraineté.
Selon Alberto Pizango, la loi sur la forêt :
- favorise les entrepreneurs étrangers (et est préjudiciable aux communautés amazoniennes)
- provoque la pollution du milieu naturel
- détruit la forêt.