Les députés ont adopté dans la nuit de lundi à mardi un amendement permettant l'achat de fruits et légumes avec des tickets-restaurants, au fil d'un long débat sur la prévention dans le cadre du texte santé de la ministre de la santé Roselyne Bachelot.
Bon pour la santé, et sans conséquence pour les finances publiques
Valérie Boyer, député UMP à l'origine de cet amendement, voit dans cette mesure un moyen de lutte contre l'obésité. Elle précise aussi que les boucheries-charcuteries, boulangeries-pâtisseries et « autres sandwicheries » acceptent déjà les tickets-restaurants.
Il en va aussi de la défense des commerces de proximité avec cette mesure « indolore pour les finances publiques ».
Autant d'arguments qui ont convaincu une majorité de la vingtaine de députés encore présents en séance à cette heure de la nuit. Cette mesure doit encore être adoptée par le Sénat.
Certains restaurateurs n'approuvent pas
Didier Chenet, président du deuxième syndicat de restaurateurs en France, estime que permettre l'utilisation des tickets-restaurants pour acheter des fruits et légumes frais, une proposition que les députés ont adoptée lundi soir, revient à "dévoyer le système".
A l'origine, explique-t-il, les tickets-restaurants étaient destinés aux salariés d'entreprises qui ne disposent pas de cantine. Ils permettaient d'acheter des plats chauds, puis leur utilisation a été étendue à la vente à emporter et aux plats préparés, y compris ceux vendus en grande surface.
« Si on l'étend aux fruits et légumes », le ticket-restaurant perdra encore un peu sa spécificité et « va devenir du papier monnaie » permettant de tout acheter. Or les tickets-restaurants, « ce sont des avantages fiscaux et des avantages sociaux », souligne t'il.
Didier Chenet "imagine déjà ceux qui vont s'attaquer à ce qui sera devenu une niche fiscale et la remettre en cause".