Comment trouver chaque année 50 milliards de dollars pour soutenir les pays les plus sensibles aux dérèglements climatiques sans porter atteinte aux finances des pays industrialisés ? Il semblerait que l'Organisation Oxfam ait trouvé la réponse à cette question ? Dans un rapport présenté mardi à Poznan (Pologne), elle propose de "transformer le carbone en or" en mettant aux enchères une partie des émissions de gaz à effet de serre que les nations développées seront amenées à réduire au titre du futur accord climatique. "Avec ce système, il est possible de mobiliser au moins 50 milliards de dollars par an d'ici 2015 sans faire sauter la banque" souligne Heather Coleman, experte climat d'Oxfam.
Taxer les vols au départ des pays développés
Oxfam suggère aussi de taxer les émissions dues aux transports aériens et maritimes. Ces taxes seraient respectivement de 12,4 milliards et de 16,6 milliards de dollars par an. "Il s'agirait de taxer les vols uniquement au départ des pays développés avec des exemptions possibles pour les compagnies des pays en développement et ainsi le système couvrirait 65%du transport aérien et 60% du transport maritime" a expliqué Heather Coleman
Les pays en développement plus exposés aux évènements extrêmes
A Bali en 2007, la communauté internationale a estimé qu'il fallait dégager de nouvelles sources de financement pour répondre aux besoins d'adaptation des pays en développement, qui sont exposés aux sécheresses, inondations et événements extrêmes.
Le Fonds d'adaptation, prévu par le Protocole de Kyoto, reste quant à lui dérisoire : 70 milliards de dollars à ce jour. Ce fonds est alimenté par un prélèvement de 2% sur les projets MDP (Mécanismes de développement propre) qui permettent à un pays du nord d'investir au sud dans un projet "vert", en échange de permis d'émissions.