Des chefs d'état et de gouvernement participent à Rome au sommet de la FAO (organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) consacré à l'envolée rapide et spectaculaire des prix alimentaires.
Cette pénurie de produits alimentaires et agricoles risque de pousser 100 millions de personnes vers la famine. Le coût des principales denrées (riz, maïs ou blé), a doublé au cours des deux dernières saisons et ces augmentations ont provoqué des émeutes parfois sanglantes et souvent meutrières dans plusieurs pays en développement.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a déclaré mardi : "J'appelle les Nations à ne pas être tentées par des politiques alimentaires qui appauvrissent les voisins et à prendre des mesures pour agir à long terme pour renforcer la sécurité alimentaire mondiale. Des engagements fermes doivent permettre d'aller de l'avant. Il faudra aussi augmenter les appuis financiers sous forme d'engagements fermes et non pas via des prêts. Rien n'est plus dégradant que la faim, surtout quand elle est le fait de l'homme".
Le directeur général de la FAO Jacques Diouf a estimé que le problème de la sécurité alimentaire a avoué : "Il faut prendre rapidement les décisions courageuses qui s'imposent pour ne pas placer le monde entier dans une situation dangereuse.Le temps du verbe est largement dépassé, le moment de l'action est venu. Le problème de la sécurité alimentaire est de nature politique. Si nous ne prenons pas les décisions courageuses qui s'imposent, l'impact du changement climatique et la spéculation sur les marchés à terme vont placer le monde dans une situation dangeureuse".
Selon Jacques Diouf, les grosses puissances mondiales consacrent des milliards de dollars aux armements, aux subventions agricoles et à une consommation alimentaire marquée par l'excès et le gaspillage. Il a donc ajouté : "Les excès de consommation des personnes obèses coûtent plusieurs millions d'euros, à quoi il faut ajouter des frais indirects résultant de maladies qui s'y rattachent et de décès prématurés".
Selon les ONG humanitaires, le Japon et la Chine ne sont pas exempts de tout reproche. Ils auraient contribué à la forte hausse des prix du riz en limitant leurs stocks. Dans la capitale italienne, le Premier ministre nippon Yasuo Fukuda a promis de débloquer au moins 300.000 tonnes de riz d'importation stocké afin de combattre la crise...alimentaire mais a aussi appelé les "pays à mettre à disposition du marché international leurs réserves de nourriture".
Une autre question épineuse devrait être abordée durant ce sommet de la FAO, celle des biocarburants. Justifiée par certaines nations comme les Etats-Unis pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et leur dépendance énergétique, leur expansion conduit à une diminution des terres agricoles qui favorise la hausse des prix.