Les biocarburants ne sont plus en odeur de sainteté. Aujourd'hui, le carburant miracle de... l'après-pétrole est accusé d'être l'un des principaux responsables des émeutes de la faim qui fomentent dans des dizaines de pays du tiers monde ces dernières semaines.
La demande croissante des biocarburants bouleverse les marchés agricoles et menace l'accès aux denrées alimentaires pour les populations pauvres. L'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) a donné des précisions : "A court terme, la rapide expansion des carburants verts, au niveau mondial, aura des effets importants sur l'agriculture d'Amérique Latine. Cette augmentation mondiale de la production va pénaliser les productions vivrières en puisant dans les réserves en eau, en détournant les terres mais aussi des capitaux. Cette façon de faire augmentera les prix des denrées alimentaires et mettra en danger l'accès aux vivres pour les personnes défavorisées".
Le Brésil, qui vante la production des biocarburants en Amérique Latine et en Afrique, dément les propos tenus par la FAO. Pour les responsables brésiliens, les biocarburants sont un moyen pour éliminer la pauvreté. Le ministre brésilien des finances, Guido Mantega, a précisé que le Brésil, les pays d'Afrique et d'Amérique Latine possédaient assez de terres pour cultiver les denrées alimentaires et les biocarburants. Pour lui, le problème vient des Etats-Unis qui consacrent une grande partie de leur maïs à la distillation d'agrocarburants et détournent le maïs destiné au bétail. Cette technique serait responsable de la hausse de 60 % de son prix sur les marchés.
"La fabrication de biocarburants est un crime contre l'humanité". Ces propos très sombres ont été tenus lundi par le rapporteur de Nations unies, Jean Ziegler.