La controverse autour des biocarburants, accusés d'être en partie responsable de la crise alimentaire dans le monde, bat son plein car l'impact réel des cultures permettant de fabriquer des biocarburants sur les cultures vivrières n'est pas bien connu. En revanche, certains experts estiment que les biocarburants contribuent à la réduction du réchauffement climatique mondial et génèrent des emplois et des revenus, surtout dans les campagnes.
L'expansion de la canne à sucre ne se produit pas sur des terres dégradées
Une étude de la Banque de développement économique et social du Brésil affirme que "l'offre de bioénergie, qui pourra quadrupler d'ici à 2050, n'affectera pas la production alimentaire car les cultures seront développées sur des terres qui ne sont plus utilisées pour la production d'aliments. 1% des terres arables du monde est utilisé aujourd'hui pour la production de biocarburants et pourrait être de 3 à 4% en 2030".
En revanche, un réseau de mouvements sociaux et universitaires remet en question les conclusions de l'étude : "L'expansion de la canne à sucre ne se produit pas sur des terres dégradées. La canne à sucre, base de l'éthanol brésilien, a déplacé des plantations de café, de fruits, de maïs et de haricots noirs. Il faut faire un choix entre la production d'éthanol pour alimenter des voitures ou celle de nourriture pour alimenter la population".
Des risques pour la sécurité alimentaire
A l'heure actuelle, le Brésil fait la part belle à la canne à sucre où la surface plantée devrait atteindre 9 millions d'hectares en 2008, soit 55% de plus qu'en 2005. "Une telle expansion peut engendrer des risques pour la sécurité alimentaire" parce que cette rapide progression a lieu également dans d'autres Etats du pays" rappelle l'ingénieur agronome Angela Cordeiro.
Des travailleurs maintenus en semi esclavage
Les cultures destinées aux biocarburants ne font pas qu'empiéter sur les terres réservées à l'agriculture vivrière. Aujourd'hui la fabrication des biocarburants remet à l'ordre du jour "l'esclavagisme". Sept mille travailleurs ont été maintenus en semi esclavage dans des cannaies du Brésil et ont été libérés par l'inspection du travail de 2003 à 2008 selon l'Eglise catholique.
Le groupe pétrolier Petrobras va investir 1,5 milliards de dollars dans des projets de production de biodiesel et d'éthanol de 2008 à 2012. Le Brésil est le deuxième producteur mondial d'éthanol derrière les Etats-Unis.
En 2007, le Brésil a carburé à l'éthanol puisqu'il en a produit 18 milliards de litres et en a exporté 3,5 milliards de litres.
Rappelons que le Brésil organise la première Conférence mondiale des biocarburants qui se tient jusqu'à vendredi à Sao Paulo.