Quelques jours avant le sommet européen sur le plan climat, les revendications se multiplient et mettent en danger ce projet. La chancelière allemande Angela Merkel a mis les points sur les i : "Nous nous opposerons à toute mesure qui mettrait en danger l'emploi ou les investissements en Allemagne. Le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini fait savoir que son pays mettra un veto si ses demandes pour protéger l'industrie manufacturière ne sont pas entendues. Londres refuse l'idée d'un fonds de solidarité pour aider les pays d'Europe de l'Est à se conformer aux exigences du plan et Varsovie continue de réclamer du temps et de l'argent pour faire passer "au vert" ses centrales électriques au charbon, très polluantes.
Convaincue d'avoir "bouclé 90% du paquet climat-énergie", la présidence française de l'Union européenne a promis une nouvelle proposition pour mercredi. Et les dernières négociations s'orienteront sur les exemptions réclamées par les pays, comme la Pologne, pour protéger les secteurs industriels les plus fragilisés par l'effort portant sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre de l'Union européenne.
La France vise un double accord
La France, à la tête de la présidence de l'Union européenne, vise un double accord sur le paquet climat-énergie et sur un plan de relance de 200 milliards d'euros pour aider l'Europe à sortir de la récession. Un plan qui suscite aussi des frictions. "Le paquet climat est une partie de la solution à la crise économique car il va permettre de créer des emplois, favoriser des investissements et rendre l'Union européenne moins dépendante du gaz et du pétrole importés" soutient Stavros Dimas, commissaire européen à l'Environnement.
Les Européens se sont engagés sur un triple objectif pour 2020
La Commission propose de faire payer aux industriels chaque tonne de CO2
Tous les secteurs de l'économie doivent partir sur le même pied d'égalité. L'industrie doit par exemple réduire de 21% les émissions polluantes de ses usines sur 8 ans et les mettre au niveau de la meilleure technologie européenne pour chaque secteur d'activité.
Pour les contraindre à passer à l'action, la Commission propose de faire payer aux industriels chaque tonne de CO2 émise à partir de 2013. Et c'est là que le bât blesse ! La mise aux enchères des droits à polluer et l'utilisation de ces revenus font aussi tiquer. Pour éviter un tollé général, de nombreuses dérogations sont prévues pour répondre aux préoccupations de l'Allemagne, de la Pologne et de l'Italie.