L'accord passé vendredi 19 entre
EDF et
Areva pour le retraitement de
combustible nucléaire usé jusqu'en 2040 est le fruit d'un "jeu de dupes" du point de vue environnemental, juge l'association
Sortir du nucléaire.
"En l'état actuel des choses, il y a plus de
déchets à gérer après retraitement que sans", a affirmé Didier Anger, administrateur du réseau
Sortir du nucléaire et ancien conseiller régional et ex-député européen Verts.
Les grandes lignes de l'accord
Areva et
EDF ont annoncé avoir signé un accord-cadre sur le
recyclage des
combustibles nucléaires usés pour la période 2008-2040. Il est prévu qu'
EDF augmente à 1.050 tonnes par an, dès 2010, les quantités de combustibles usés retraités à l'usine
Areva de La Hague (Manche). L'électricien ne fait actuellement recycler que 850 tonnes des 1.200 tonnes de combustibles usés qu'il produit chaque année.
"Du combustible usé,
Areva tire 95% d'
uranium, présenté comme recyclable mais qu'
EDF ne recycle en fait pas, 1% de
plutonium utilisé sous forme de MOX dans seulement 20 des 58 réacteurs d'
EDF, et 4% de
déchets vitrifiés", selon M. Anger qui a aussi évoqué "les
déchets des opérations de retraitement".
Selon
EDF, seuls deux de ses 58 réacteurs utilisent de l'
uranium issu du retraitement.
Les allégations divergent
"Cet
uranium c'est une mine disponible pour pouvoir alimenter d'autres réacteurs", a fait valoir de son côté le directeur de l'usine
Areva de La Hague Denis Eudier.
EDF l'utilise comme réserve pour les périodes où le cours de l'
uranium naturel augmente, a-t-on affirmé à La Hague où travaillent quelque 3.000 personnes.
"Cet accord est le socle qui va nous permettre d'atteindre notre objectif de 1.500 tonnes retraitées annuellement en 2015 en incluant les combustibles d'autres clients étrangers", a également relevé M. Eudier. L'usine de la Hague a une capacité de 1.700 tonnes par an.
Sortir du nucléaire pense en revanche qu'
EDF a signé ce contrat, évalué selon l'association à 800 millions d'euros par an, sous la pression de l'Etat, son actionnaire à 85% pour qui le retraitement est le seul moyen de produire du
plutonium, même si officiellement l'usine ne produit plus à des fins militaires. "L'électricien a en fait freiné des quatre fers", selon Didier Anger.