Dix-huit des 58 réacteurs nucléaires français étaient à l'arrêt lundi, pour des opérations de maintenance, des accidents divers ou pour les recharger en combustible nucléaire, selon les informations communiquées par des centrales d'EDF.
Quant au réacteur n°2 de la centrale de Belleville (Cher), il fonctionne depuis dimanche à 60 % de sa puissance, après l'échauffement d'une pompe située sur le circuit secondaire de vapeur. Il faut savoir que seuls quatre ou cinq réacteurs sont à l'arrêt à cette période de l'année et que le parc nucléaire assure plus de 76 % de la production d'électricité de la France.
Que va entraîner ces nombreux arrêts de production ?
La France va devoir importer 4.000 mégawatts (MW) d'électricité "durant plusieurs semaines de novembre 2009 à janvier 2010" pour satisfaire la hausse de la consommation. Des coupures pourraient aussi se produire en cas de "froid intense et durable" a prévenu vendredi (30 octobre) le Réseau de Transport d'Electricité (RTE), la filiale d'EDF qui gère le réseau de lignes à haute tension.
Les risques de coupures électriques cet hiver "en cas de froid intense et durable" ne sont "pas une surprise" pour la CGT-Energie, qui met en avant une augmentation constante de la consommation mais aussi des moyens de production insuffisants.
Autant d'arrêts...mais pourquoi ?
Ces "arrêts de tranche" s'expliquent notamment par un mouvement de grève survenu au printemps chez EDF et qui a retardé les opérations de maintenance et de rechargement en uranium des centrales nucléaires.
"Le parc de production nucléaire connaît depuis presque dix ans un problème majeur de disponibilité, en partie dû à des choix politiques de réduction des coûts" a dénoncé lundi la CGT-Energie. Le taux de disponibilité du parc nucléaire français est tombé de 83,4 % en 2005 à 79,2 % en 2008.
La liste des réacteurs à l'arrêt pour contrôle ou accidents ?
Le réacteur n°1 de Fessenheim (Haut-Rhin) qui fait l'objet d'une visite décennale (contrôles préalables à l'extension de 10 ans de la durée de vie du réacteur).
Le réacteur n°3 de Paluel (Seine-Maritime) à la suite d'un départ de feu en salle des machines.
Le réacteur n°2 de Nogent-sur-Seine (Aube) en raison d'un défaut sur un alternateur.
Le réacteur n°1 de Civaux (Vienne) à cause du dysfonctionnement d'un moteur électrique placé sur une des vannes de l'enceinte du bâtiment réacteur.
Le réacteur n°3 du Bugey (Ain) après un aléa technique sur un générateur de vapeur.
Liste des autres réacteurs à l'arrêt pour rechargement en combustible nucléaire et opérations de maintenance :
Le réacteur n°1 de Flamanville (Manche)
Les réacteurs n°1 et 6 de Gravelines (Nord)
Le réacteur n°2 de Paluel
Le réacteur n°2 de Penly (Seine-Maritime)
Le réacteur n°2 de Cattenom (Moselle)
Le réacteur n°2 de Fessenheim
Le réacteur n°3 de Chinon (Indre-et-Loire)
Le réacteur n°3 du Blayais (Gironde)
Le réacteur n°1 de Saint-Alban (Isère)
Le réacteur n°4 du Bugey
Le réacteur n°2 du Tricastin (Drôme)
Le réacteur n°2 de Cruas-Meysse (Ardèche).
Sur les 63.100 mégawatts (MW) de puissance nucléaire installée en France, 19.600 MW étaient à l'arrêt.