Des militants de Greenpeace se sont enchaînés aux grilles de l'usine Eurodif (Areva) ou un bloc de béton placé sur la voie ferroviaire, qui dessert le site, mardi afin d'empêcher la sortie d'un convoi d'uranium destiné à la Russie, a-t-on appris de sources concordantes. Après avoir été délogés par la police, trois d'entre eux ont été placés en garde à vue.
Des représentants du groupe Areva ont confirmé le blocage d'un convoi ferroviaire qui serait pourtant doté de toutes les autorisations nécessaires.
"Il s'agit d'uranium naturel" selon Areva
Ce convoi transporte 660 tonnes d'hexafluorure d'uranium (UF6), envoyé en Russie pour y être enrichi avant de revenir en France et d'être transformé en combustible nucléaire. "Il s'agit d'uranium naturel en provenance de la mine, qui a subi une première conversion chimique mais n'a pas encore été enrichi. Quand notre usine Eurodif tourne à plein, nous faisons appel à d'autres enrichisseurs" a expliqué une porte-parole.
De son côté, Greenpeace, qui réclame un moratoire sur les exportations d'uranium vers la Russie, estime qu'il s'agit de déchets nucléaires qui ne reviendront pas. "On leur envoie des pelures d'orange pour essayer d'avoir encore un peu de jus, mais ça ne se fait pas car c'est trop cher" a affirmé Axel Renaudin de Greenpeace.
Greenpeace remet ça trois semaines après
Le convoi actuellement bloqué par Greenpeace devait arriver au port de Cherbourg mercredi et transférer sa cargaison sur le navire russe Kapitan Kuroptev à destination de Saint-Pétersbourg. Il y a trois semaines, Greenpeace avait bloqué un autre convoi affrété par Areva.
Le 25 janvier dernier dans la Manche, des militants de Greenpeace avaient bloqué par trois fois un convoi d'uranium en provenance de Pierrelatte. Seize personnes avaient été interpellées à l'issue de l'opération et la cargaison était finalement arrivée à Cherbourg où l'attendait le même navire russe.
32.200 tonnes d'uranium exportées vers la Russie depuis 2006
Pour étayer ses accusations sur "la grande arnaque du recyclage" des déchets nucléaires, Greenpeace cite un rapport du Haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire, selon lequel depuis 2006, sur 32.200 tonnes d'uranium exportées vers la Russie (dont 23.540 tonnes d'uranium appauvri), seulement 3.090 tonnes ont été réexpédiées en France, dont 310 tonnes vers l'usine de fabrication de combustibles nucléaires de Romans-sur-Isère (Drôme).