Alors que l'examen de la loi Grenelle 2 commence ce mardi à l'Assemblée, les défenseurs de l'éolien ont obtenu une première victoire.
L'UMP a en effet renoncé à une disposition sur l'énergie éolienne qui aurait imposé un seuil minimum de 15 mégawatts (MW) pour les nouvelles implantations de fermes, a indiqué Patrick Ollier, président UMP de la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale.
Le seuil des 15 MW était dénoncé par les promoteurs de l'énergie éolienne et par les écologistes comme une entrave au développement de cette énergie renouvelable.
En revanche, Patrick Ollier a souhaité maintenir le seuil minimum des cinq mâts par ferme.
"J'ai déposé cet amendement qui supprime le seuil les 15 mégawatts parce que j'ai bien compris que c'était une pomme de discorde. Je ne suis pas contre la puissance, je suis contre la dispersion anarchique des éoliennes et le mitage. Du moment que les installations ne font pas plus de 5 mâts, cela limite le mitage. Nous voulons créer une réglementation pour faciliter l'éolien, pas pour lui faire barrage" a-t-il insisté.
Cet amendement contesté et voté fin mars prévoyait de concentrer les éoliennes dans des zones de production d'au moins cinq mâts et de 15 MW de puissance.
La filière a gagné une bataille mais pas la guerre !
Elle s'inquiète d'une autre disposition du Grenelle 2 soumettant les éoliennes au régime des Installations classées pour la protection de l'environnement. Les députés Nouveau Centre vont demander la suppression de cette disposition, a annoncé mardi le président du groupe François Sauvadet, qui a jugé qu'elle équivalait à "mettre un coup d'arrêt à l'éolien".
Inquiétudes pour la filière
Des milliers d'employés et représentants de la filière «éolienne» ont défilé mardi à Paris pour protester contre des amendements à la loi Grenelle 2 jugés "catastrophiques" pour le développement de l'éolien en France. Ces amendements prévoient des règles plus contraignantes à l'installation des éoliennes.
"(...) Les propositions d'amendement qui ont été faites porteraient un coup d'arrêt au développement de la filière. On perdrait quasiment la moitié des projets en cours. Ce serait catastrophique" a déclaré Nicolas Wolff, président du syndicat France énergie éolienne. "Aujourd'hui, elle représente 10.000 emplois, avec la possibilité d'en créer plus de 50.000 d'ici 2010 (...) " a-t-il ajouté.