Silvio Berlusconi et Nicolas Sarkozy viennent de signer, à Rome, un accord sur le nucléaire, premier pas vers le retour de cette énergie en l'Italie. Cet accord couvre l'ensemble de la filière : de la recherche au traitement des déchets, en passant par la construction des centrales nucléaires, et ouvre ainsi les portes de la Péninsule aux entreprises françaises.
Dès mai 2008, après le retour au pouvoir de Silvio Berlusconi, l'Italie a annoncé vouloir renouer avec l'énergie nucléaire (vingt-et-un ans après y avoir renoncé lors d'un référendum), afin de réduire sa dépendance envers le gaz et le pétrole. La Péninsule veut, à terme, produire 25% de son électricité à partir du nucléaire.
Un accord historique pour les deux pays
« Nous voulons développer une énergie propre avec vous. Ce que nous venons de signer, c'est proprement historique », déclare Nicolas Sarkozy à Silvio Berlusconi.
Le chef du gouvernement italien répond en rendant hommage à « la générosité » de la France qui, dit-il, « s'ouvre à nous » dans le domaine nucléaire. « Les citoyens français payent la moitié de ce que payent les Italiens pour leur facture énergétique. Nous devons nous réveiller », lance t'il. Il considère que la collaboration de la France va permettre à l'Italie de « gagner plusieurs années ».
La France jouit d'une réputation de dynamisme en matière de nucléaire : depuis son élection en 2007, Nicolas Sarkozy est le promoteur du savoir-faire nucléaire français. De nombreux accords ont été signés entre la France et des pays étrangers.
Accord à long terme entre les deux groupes énergétiques français et italien
Les groupes énergétiques italien (ENEL) et français (EDF) ont donc signé un accord de cinq ans (mais prolongeable) portant sur la construction d' « au moins » quatre réacteurs nucléaires de troisième génération EPR en Italie, annonce ENEL dans un communiqué.
« L'objectif est de rendre opérationnelle la première unité italienne au plus tard en 2020 », poursuit le communiqué.
Pas de jaloux...
ENEL et EDF vont créer une société détenue à parts égales afin d'étudier la « faisabilité » du projet. En revanche, ENEL sera majoritaire dans les structures qui détiendront et géreront les centrales, structures dont le capital pourra aussi être ouvert à des tiers.
En outre, selon le communiqué du groupe, ENEL, comme prévu par un accord entre les deux groupes signé en novembre 2007 à Nice, qui dispose déjà d'une part de 12,5% dans la centrale EPR actuellement en cours de construction en France, va prendre une part similaire dans le deuxième EPR français.