Le chargement d'une importante cargaison de combustible MOX, composé de plutonium et d'uranium, fabriqué par le groupe nucléaire français Areva, a eu lieu de La Hague à Cherbourg, au cours des deux dernières nuits. La plus importante cargaison de matière fissile jamais transportée, selon Greenpeace, devrait partir pour le Japon ce jeudi.
La cargaison a été acheminée de l'usine Areva de La Hague jusqu'à Cherbourg par des camions escortés par plusieurs dizaines de véhicules de forces de l'ordre. Le premier convoi était arrivé 05h30. Le deuxième convoi a été accueilli jeudi vers 2h30.
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C'est 1,8 tonne de plutonium qui va traverser la planète
Selon Henri-Jacques Neau, la durée de cette traversée est estimée à 70 jours. Greenpeace n'en démord pas : "En un peu plus de deux mois, c'est 1,8 tonne de plutonium qui va traverser la planète, quantité permettant de fabriquer 225 bombes nucléaires" mais cette affirmation est démentie par Areva.
De son côté, le responsable de la branche transport d'Areva, Henri-Jacques Neau, a expliqué que "pour des raisons de confidentialité exigées par le Japon", il n'était pas en mesure de préciser la quantité de Mox convoyé, mais que celui-ci allait suffire à fournir de l'électricité à 3,5 millions de personnes pendant un an.
Des commandos britanniques spécialisés dans la protection des sites nucléaires sont à bord
La cargaison sera transportée dans deux bateaux spécialisés de la compagnie britannique PNTL : le Pacific Pintail et le Pacific Heron.
Le Pacific Heron, un bâtimenrt de 100 mètres construit en 2008, est arrivé mercredi à 23h00 à Cherbourg et le chargement, issu du retraitement usés des combustibles des centrales nucléaires, a démarré démarré près d'une heure trente plus tard selon les journalistes présents sur place.
Le Pacific Heron rejoindra au large le Pacific Pintail, qui fera route avec lui.
Et le transport ?
Huit emballages de MOX, cylindres d'acier de 6 mètres de long sur 2,50 de diamètre, avec des paroies de 30 centimètres d'épaisseur, doivent être chargés sur ce navire de 100 mètres de long. Le MOX a été fabriqué à partir de combustible usé japonais. Des commandos britanniques spécialisés dans la protection des sites nucléaires sont à bord des deux navires de la compagnie britannique PNTL.
Le responsable d'Areva a insisté sur la sécurité qui accompagne le convoyage :
la résistance au feu des pastilles de Mox qui ne peuvent se dissoudre dans l'eau
la solidité des nouveaux assemblages qui les protègent
la double coque renforcée d'acier des bateaux
le professionnalisme des marins anglais qui composent les équipages
la protection que s'assurent mutuellement les deux bateaux
Les deux bateaux ne sont pas escortés de bâtiments militaires
Le militant de Greenpeace Yannick Rousselet indique que les deux bateaux sont armés de deux canons de 30 mm (au lieu de trois) et que les gardes armés présents à bord, ne sont pas des militaires.
Il précise aussi que les deux bateaux ne sont pas escortés de bâtiments militaires malgré le danger. Yannick Rousselet s'insurge contre le déplacement de cette cargaison en raison de la présence de plutonium :
"Le Mox a été fabriqué en France. Nous sommes favorables au retour des déchets dans leurs pays d'origine, mais le plutonium, une fois extrait, ne doit plus bouger."
Le Mox est un alliage composé d'environ de 93% d'oxyde d'uranium et de 7% de plutonium, et il peut servir de combustible pour les centrales nucléaires.
Il faut empêcher ce convoi en raison de "risques de prolifération"
Dans un courrier l'organisation écologiste a demandé au directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Mohamed ElBaradei, d'empêcher ce convoi en raison de "risques de prolifération", liés notamment au plutonium contenu dans le MOX.
Les avis divergent toutefois car l'industrie nucléaire affirme qu'il serait extrêmement difficile de fabriquer une arme nucléaire à partir de MOX.
Les deux derniers transports de MOX d'Areva à destination du Japon datent de 1999 et 2001.
Le prochain transport de MOX vers le Japon devrait avoir lieu en 2010
La cargaison est destinée à trois compagnies d'électricité japonaises, qui ont confirmé ces derniers mois qu'elles continuaient de préparer une partie de leurs installations à ce MOX avant mars 2011. Selon Areva, le prochain transport de MOX vers le Japon devrait avoir lieu en 2010.
Les écologistes doutent que les compagnies japonaises aillent jusqu'au bout car le Japon a déjà repoussé à plusieurs reprises l'introduction du MOX dans ses centrales.
Le Japon a construit récemment sa propre usine de retraitement, en partenariat avec Areva, mais le démarrage de cette dernière est sans cesse repoussé dans ce pays marqué par les bombardements d'Hiroshima et Nagasaki.