Un cargo, transportant de l'uranium appauvri d'origine française va quitter Le Havre d'ici samedi et mettra le cap vers la... Russie.
La cargaison est composée de "54 fûts de 200 litres d'uranium naturel appauvri", qui sont des restes de l'enrichissement d'uranium opéré au Tricastin (Drôme) pour fabriquer des combustibles et alimenter les centrales nucléaires, a indiqué Henri-Jacques Neau, directeur délégué de la logistique d'Areva.
Cet uranium naturel appauvri doit être enrichi à Tomsk en Russie afin d'être utilisable pour fabriquer d'autres combustibles nucléaires, a-t-il ajouté.
Un chargement "faiblement radioactif"
Greenpeace a dénoncé ce transport mais a reconnu que cet uranium est "faiblement radioactif", et qu'il est moins dangereux notamment que l'uranium de retraitement évoqué la semaine dernière dans le documentaire diffusé sur Arte "Déchets: le cauchemar du nucléaire".
"Mais la logique est la même, on nous dit qu'on envoie de l'uranium en Russie pour le transformer afin de le réutiliser, en fait il n'est pas réutilisé et c'est pourquoi nous considérons cet uranium comme un déchet" a affirmé Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire de Greenpeace France.
Un recensement des transports de matières et de déchets nucléaires français dans le monde annoncé par le gouvernement
Ces flux d'uranium appauvri datent des années 70, mais "il n'est pas acceptable que ces déchets continuent d'aller et venir, alors que le haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire saisi par (le ministre de l'Ecologie) Jean-Louis Borloo en a demandé un recensement".