Michel Rocard a remis les conclusions sur la taxe carbone ou Contribution climat énergie mardi (28 juillet) aux ministères de l'écologie et de l'économie.
Mais cette nouvelle taxe, qui devrait permettre de faire la chasse aux énergies fossiles, émettrices de gaz à effet de serre, continue à faire couler beaucoup d'encre.
"Ne pas rendre l'écologie insupportable"
Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, a estimé jeudi sur RTL :
"L'écologie ce n'est pas uniquement l'affaire des écologistes, c'est une affaire économique et c'est aussi une affaire sociale. Et si on ne met pas beaucoup de social dans l'écologie, on finira par rendre l'écologie insupportable pour un grand nombre de Français. Il ne faudrait pas que les bobos soient satisfaits et que les les prolos en soient les victimes".
La fracture sociale risque d'être augmentée
"Maintenant est-ce qu'il faut adopter la taxe carbone comme ça brutalement, moi je suis tout à fait sceptique. Si on part comme ça on ajoute une taxe à une taxe et on va augmenter à nouveau la fracture sociale. Je pense qu'il faut une vraie réforme fiscale globale, ce qui aujourd'hui n'est pas à l'ordre du jour, puisque ce qui est à l'ordre du jour c'est le bouclier fiscal et d'autres mesures qui sont de plus en plus injustes"
Menace sur la compétitivité et l'emploi
La Fédération des entreprises de transport et logistique de France a également réagi en dénonçant "un impôt qui réduit la compétitivité" et "menace l'emploi".
Le projet de taxe carbone va "accroître les écarts et isoler davantage les entreprises exposées à la concurrence internationale".
Elle va "renforcer la position concurrentielle des transporteurs étrangers" estime son président, Philippe Grillot.
Selon la Fédération, la taxe carbone devrait "représenter un prélèvement supplémentaire de 400 millions d'euros" à la charge des entreprises français du transport routier de marchandises.
Retour sur la taxe poids lourds
La Fédération des entreprises de transport et logistique de France est revenue aussi sur la future taxe poids lourds, qui devrait "instaurer un nouveau prélèvement d'un milliard d'euros" en 2012. "Leur accumulation représente un accroissement de plus de 35% de la charge fiscale" des entreprises du secteur routier.
"On va continuer de travailler pendant l'été"
L'instauration d'une taxe carbone est désormais soumise à l'arbitrage politique du président, Nicolas Sarkozy, sans doute cet automne.
La secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, Chantal Jouanno, a déclaré mercredi : "On va continuer de travailler pendant l'été. Mais tous les acteurs étant favorables à son instauration, il n'y a aucune raison d'attendre ni aucune raison de ne pas la discuter dans le cadre du prochain projet de loi de finances" dès la rentrée.