Le parc nucléaire français est-il fiable ? L'avenir de cette source d'énergie est-elle remise en question ? Ces questions se posent ou se sont posées après la série d'incidents survenue en 2008 en France.
A l'aube de cette nouvelle année, il semblerait pourtant que la politique énergétique française ne soit pas remise en cause. A ce jour, le nucléaire représente en effet 86 % de la production d'EDF.
Et souvenez-vous l'été dernier... Le président français, Nicolas Sarkozy, avait même annoncé la construction d'un second réacteur de troisième génération.

Le premier incident a eu lieu dans la nuit du 7 au 8 juillet
Mais depuis, des incidents ont eu lieu sur le territoire français et notamment à Tricastin. Le premier incident a été constaté dans la nuit du 7 au 8 juillet. Une cuve de la Socatri, filiale d'Areva spécialisée dans le traitement de déchets nucléaires, a débordé et 74 kilogrammes d'uranium ont été rejetés dans l'environnement. L'Autorité de sureté nucléaire a immédiatement imposé la fermeture de la station de traitement trop vieille et Areva a congédié le directeur de l'usine. Cet incident a aussi entraîné l'interdiction de se baigner, de pêcher et de consommer l'eau durant plusieurs jours.
Des personnes contaminées
Dix jours après, une fuite est survenue dans l'usine FBFC de Romans (Drôme), filiale d'Areva qui fabrique du combustible nucléaire.
Quelques heures plus tard, des sous-traitants de la centrale EDF de Saint-Alban (Isère) et une centaine de salariés de sous-traitants de la centrale EDF du Tricastin, ont été contaminés.
Les doses reçues par les travailleurs sont en diminution
Devant l'inquiétude grandissante des riverains habitant notamment près de Tricastin, les réactions ont fusé. Le ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, a demandé une remise à plat "des dispositifs d'information, analyse et sécurité".
Les vignerons des coteaux de Tricastin ont réclamé le changement de nom de leur appellation fin juillet et les écologistes étaient remontés au créneau en rappelant les dangers du nucléaire.
Les accidents liés à des manques de rigueur
L'Autorité de sureté nucléaire : "En terme de radioprotection, la tendance est à l'amélioration. Grâce aux leçons tirées des incidents précédents, les doses reçues par les travailleurs sont en diminution. Nous avons intensifié les contrôles (...) Les accidents sont davantage liés à des manques de rigueur qu'à l'âge des centrales" souligne Olivier Gupta, directeur adjoint de l'Autorité de sureté nucléaire. Le 17 novembre, elle a pourtant mis en demeure la centrale de Cruas-Meysse (Ain) de mieux entretenir et signaliser ses canalisations, qui sont à certains endroits rouillées et qui doivent transporter des liquides explosifs.
La Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité a rappelé que "de plus en plus de travailleurs du nucléaire tirent la sonnette d'alarme sur leurs conditions de travail.
Le saviez-vous ?
Le parc nucléaire français, qui possède 58 réacteurs d'un âge moyen de 22 ans, est plus jeune que les parcs allemands ou américains.