Le Pakistan vient d'annoncer un plan drastique d'économies pour mettre fin aux coupures d'électricité ruinant les entreprises et sources de manifestations violentes, plan qui prévoit notamment de rallonger les week-ends et interdire les fêtes de mariage la nuit. Dans les grandes villes comme dans les campagnes, les foyers et les usines sont parfois privés de courant jusqu'à 18 heures par jour dans certaines régions, et ce depuis plus de trois ans. Selon le gouvernement, ce pays de quelque 167 millions d'habitants ne peut plus produire que 80% de ses besoins en électricité, une crise que les autorités attribuent à une demande sans cesse croissante et à un endettement record qui ne permet pas d'investir dans de nouvelles unités de production. Mais les médias pakistanais et des économistes blâment aussi la corruption et la vétusté des unités de production et de distribution. Un train de mesures drastiques avec effet immédiat, qui devrait mettre un terme aux coupures-surprises et réduire de 33% celles qui sont planifiées, a été présenté jeudi par le Premier ministre Yousuf Raza Gilani.

"Pas de climatisation dans les administrations avant 11heures"
Pas de courant, pas de travail
A mesure que la chaleur étouffante de l'été approche, les manifestations se multiplient et deviennent de plus en plus violentes, les gens protestant contre les longues heures sans courant dans leurs foyers mais aussi contre le chômage qui en découle, les entreprises n'étant plus capables de produire. Les marchés devront fermer à 20h00, les administrations ne pourront utiliser les climatisations avant 11H00 et les fêtes de mariage, qui s'étalent traditionnellement sur trois jours et trois nuits, ne pourront durer plus de trois heures le soir. D'un jour officiellement chômé par semaine --le dimanche--, le week-end comprendra désormais le samedi, a ajouté Raja Parvaiz Ashraf, ministre de l'Eau et de l'Electricité. "La nécessité d'un week-end de deux jours sera revue le 30 juillet en fonction des résultats", a-t-il ajouté. Pour le long terme, M. Gilani a assuré que le gouvernement étudiait des solutions alternatives incluant l'énergie solaire et mettait immédiatement en place un Fonds public de développement du secteur de l'énergie doté de 177 millions d'euros dans un premier temps pour améliorer les capacités de production d'électricité.