La crise économique et la chute des prix du brut risquent de retarder les investissements nécessaires pour lutter contre le changement climatique et promouvoir un meilleur usage de l'énergie.
"Les prix du pétrole doivent être suffisamment élevés pour encourager l'investissement dans les technologies freinant l'emission de dioxyde de carbone. Les prix bas sont les pires ennemis des énergies alternatives" a averti Paolo Scaroni, président de la compagnie pétrolière italienne Eni.
Les prix du pétrole se sont effondrés
Alors que la crise économique mondiale bat son plein, les prix du pétrole se sont effondrés, passant de près de 150 dollars le baril à 32,40 dollars en l'espace de quelques mois.
Il faut savoir qu'une politique environnementale contraignante "pourrait coûter aux pays du Golfe 20% de leur produit intérieur brut" s'est inquiété Mohammed Al-Sabban, responsable de la délégation saoudienne auprès du comité sur le changement climatique des Nations unies.
La capture et le stockage de carbone apparaît comme une solution d'avenir
Les investissements requis pour une utilisation plus propre et plus efficace de l'énergie se chiffrent à 96.900 milliards d'euros sur la période 2008-2030, estime l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
Parmi les solutions envisagées pour lutter contre le réchauffement climatique, la capture et le stockage de carbone apparaît comme une solution d'avenir.
Le saviez-vous ?
Cette technique consiste à capturer le dioxyde de carbone (CO2), à le comprimer et l'injecter sous terre, par exemple dans des gisements pétroliers épuisés.
Pour l'industrie, elle permettrait de réduire l'émission de gaz à effet de serre accompagnant la combustion d'énergies fossiles.
La capture et le stockage de carbone reste une opération chère
"L'Opep peut devenir leader dans la capture et le stockage de carbone. Ses pays membres ont l'avantage de posséder déjà les ressources géologiques, l'expertise industrielle et, dans de nombreux cas, l'infrastructure appropriée" selon le ministre britannique de l'Energie, Mike O'Brien.
Mais il faut savoir que la capture et le stockage de carbone reste une opération chère. Selon les calculs d'Olivier Appert, directeur de l'Institut français du pétrole, le coût de stockage d'une tonne de carbone tourne autour de 100 dollars, alors que sur le marché des émissions la tonne est valorisée à quelque 20 dollars.
Ils sont hostiles aux énergies renouvelables vues comme des concurrentes aux énergies fossiles
Quant aux producteurs de l'Opep, ils sont hostiles aux énergies renouvelables, vues comme des concurrentes aux énergies fossiles qui devraient, elles, continuer à fournir 80% de l'énergie mondiale.
"Nous courons franchement au désastre si ces ressources complémentaires ne répondent pas aux attentes" selon le ministre saoudien du Pétrole, Ali Al-Nouaïmi.