Selon l'Agence Internationale de l'Energie (AIE), la consommation d'électricité des appareils électroniques (lecteurs MP3 ou autres ordinateurs portables) pourrait être multipliée par... trois, d'ici à 2030, entraînant de ce fait une hausse des émissions de gaz à effet de serre.
Les appareils électroniques en plein boom !
L'AIE note que la consommation des gros appareils électroménagers est en baisse, grâce à des progrès technologiques. Mais les appareils électroniques bénéficient aussi de ces progrès, et acquirent ainsi de nouvelles fonctionnalités, plus énergivores.
Ainsi, un téléviseur va souvent consommer plus d'électrons qu'un réfrigérateur et une console de jeux plus qu'un lave-linge.
Et ces appareils ne se multiplient pas seulement dans les pays riches. Le rapport rappelle qu'aujourd'hui, « en Afrique, une personne sur neuf dispose maintenant d'un téléphone portable ».
Avec le développement des pays émergents, la planète comptera dès 2010 deux milliards de téléviseurs, 3,5 milliards de téléphones portables et 1 milliard d'ordinateurs, pronostique l'Agence.

Une grosse facture d'électricité à payer
Si rien n'est fait pour améliorer l'efficacité énergétique de ces appareils, ils consommeront à cette date l'équivalent de la consommation actuelle de l'ensemble des foyers américains et japonais (soit 1.700 TWh), explique l'AIE dans un rapport intitulé "Gadgets et Gigawatts".
Parmi les solutions envisagées pour lutter contre ce phénomène, l'AIE propose l'adoption de normes sur la consommation d'électricité des appareils électroniques, notamment en mode "veille". Ou encore la mise en place d'un étiquetage précis sur la facture énergétique de ces gadgets.
De plus, la facture d'électricité mondiale s'arloudirait : selon Nobuo Tanaka, directeur général de l'AIE, « il en coûtera 200 milliards de dollars en facture d'électricité aux ménages du monde entier ».

Des « gadgets » nocifs pour l'environnement
Pour l'AIE, cette demande nouvelle d'électricité va « compromettre » les efforts des gouvernements pour assurer leur indépendance énergétique et « réduire les émissions de gaz à effet de serre ».
Pour satisfaire la demande de ces appareils électroniques, il faudrait en effet construire des centrales électriques d'une capacité totale de production de 280 gigawatts (GW) dans les 20 prochaines années.
« C'est un chiffre énorme », insiste M. Tanaka, en précisant que cela représente l'équivalent de 200 réacteurs nucléaires supplémentaires.
Le secteur énergétique représente 80% des émissions de gaz à effet de serre, souligne l'AIE, qui lance un appel pour des « politiques gouvernementales fortes » destinée à améliorer l'efficacité énergétique.