Areva "attend un contrat d'EDF" pour pouvoir recycler en France les déchets nucléaires d'EDF actuellement envoyés en Sibérie, a affirmé mardi Anne Lauvergeon, présidente du groupe nucléaire public. Areva a "la technologie. D'ailleurs les Japonais nous font confiance pour le faire, donc j'attends un contrat d'EDF pour le faire pour EDF. Un appel est lancé ce soir" a-t-elle ajouté.
Près de 13 % du combustible nucléaire usé produit par les centrales françaises sont stockées dans le complexe atomique de Tomsk-7, en Sibérie, d'après un documentaire diffusé mardi (13 octobre) par Arte.Les révélations de ce documentaire ont poussé le gouvernement à demander une enquête interne à EDF.
Des tonnes d'uranium expédiées chaque année en Russie
Depuis le milieu des années 1990, 108 tonnes d'uranium appauvri sont expédiées chaque année en Russie pour être stockées sur un parking à ciel ouvert, sans le moindre retraitement.
"C'est de l'uranium de recyclage qui part en Russie se faire recycler" a affirmé Anne Lauvergeon, démentant qu'il s'agisse de "déchets". "Dans tout ça, Areva est prestataire de services, c'est-à-dire que nous avons des transports sécurisés qui les emportent en Russie. Nous, ce qu'on préférerait, c'est de le faire en France" a-t-elle ajouté.
Areva possède-t-il la technologique nécessaire ?
Lundi, un porte-parole d'Areva a affirmé que le groupe nucléaire public ne disposait pas de "la technologique pour réenrichir et chimiquement retransformer l'uranium de retraitement", ce qui justifiait, selon lui, l'envoi de cet uranium appauvri en Russie.
L'actuelle usine Eurodif, spécialisée dans l'enrichissement d'uranium au Tricastin, enrichit seulement l'uranium naturel, avait-il expliqué, ajoutant que cette technique ne serait disponible qu'en 2012 dans l'usine en construction Georges Besse II.