On vient seulement de l'apprendre et pourtant l'affaire s'est déroulée en juin dernier. Lors d'opérations d'assainissement sur le site du CEA à Cadarache (Bouches-du-Rhône), au moins 22 kg de plutonium ont été retrouvés à la place des 8 qui devaient s'y trouver.
Un décalage d'inventaire fort inquiétant quand on connaît la dangerosité de ce produit radioactif qui peut entrer dans la composition de certaines armes nucléaires.
Cet incident a été classé au niveau 2 sur l'échelle Ines (qui en compte 7) par l'Autorité de sûreté nucléaire qui a décidé d'interrompre les opérations de démantèlement de l'installation baptisée ATPu. De son côté, le Commissariat à l'énergie atomique estime que "la quantité totale pourrait s'élever à près de 39 kg".
Pourquoi avoir attendu octobre pour déclaré l'incident ?
Le Commissariat à l'énergie atomique a préféré "attendre d'avoir une vision globale des stocks" de matière. "Nous sommes de bonne foi dans cette affaire" a plaidé Henri Maubert, un porte-parole
Le Commissariat à l'énergie atomique avait en effet repéré des dépôts de plutonium supérieurs à ses prévisions, lors du démantèlement de boîtes à gants, enceintes étanches permettant d'accéder de façon sécurisée à des zones contenant de la matière nucléaire.
Il faut une transparence absolue
Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a déclaré mercredi : "L'exigence de transparence doit être absolue en matière de sûreté nucléaire" et "regrette profondément qu'un tel délai se soit écoulé entre la découverte de cette situation et sa déclaration".
"Cette transparence et cette exigence de sécurité sont les conditions incontournables de la fourniture d'électricité d'origine nucléaire. Elles seront respectées" a déclaré le ministre.
Il s'agit de l'équivalent de cinq bombes nucléaires
Greenpeace France "considère vraiment qu'il s'agit d'une des situations les plus graves et les plus critiques que l'on ait pu rencontrer dans une installation nucléaire depuis longtemps".
"Il est quand même incroyable que la comptabilité du plutonium qui devrait se faire en grammes, or, là, on parle quand même de l'équivalent de cinq bombes nucléaires, on ne soit pas capable de la faire à la dizaine de kg près, c'est hallucinant" a déclaré Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire au sein de l'assocation écologiste.
Créé en 1964, l'installation en question baptisée ATPu a eu pour activité principale la production de combustible MOX pour les réacteurs nucléaires. Son activité industrielle a été arrêtée en 2003 et elle était en cours de démantèlement depuis mars 2009.