L'ancien Premier ministre Michel Rocard a indiqué mercredi que la future taxe carbone ou Contribution climat énergie devra s'appliquer aux énergies dites fossiles comme le pétrole, le charbon... et pourquoi pas à l'électricité. L'instauration de cette nouvelle fiscalité environnementale a un but bien précis : inciter à des comportements vertueux qui permettront de faire des économies d'énergie. Retrouvez les propositions de Michel Rocard en cliquant ici
Les déclarations fusent depuis cette annonce
La taxe carbone "inefficace" et "injuste"
Olivier Besancenot estime jeudi que le projet de taxe carbone, "inefficace écologiquement, injuste socialement", devait être "abandonné", regrettant que le "droit à l'énergie" devienne "de plus en plus un luxe".
Le NPA estime "urgent de prendre des mesures radicales" : "transports en commun gratuits et de qualité", "plan de réhabilitation des logements mis en oeuvre par un nouveau service public du logement et financé grâce aux surprofits des compagnies pétrolières et gazières", "programme public de développement de l'énergie solaire".
Les ruraux durement frappés
Le mouvement Chasse, pêche, nature et traditions avoue :"Déjà frappés par une réduction des services publics (...) et un manque d'infrastructures les poussant à utiliser la voiture, les ruraux seront frappés une deuxième fois par cette taxe assimilable à une double peine fiscale inadmissible".
"Personne ne doit être lésé"
Dominique Paillé, porte-parole adjoint de l'UMP, a assuré : "Il n'y aura pas d'augmentation de la fiscalité. Le président de la République s'est engagé pour qu'il n'y ait pas d'augmentation d'impôt. (...) S'il doit y avoir des taxes nouvelles, ce doit être des substitutions à ce qui existe déjà. Personne ne doit être lésé. La taxe carbone a un intérêt, c'est qu'elle doit changer les comportements".
Ne pas toucher au pouvoir d'achat
Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a jugé mercredi qu'avec la taxe carbone, il fallait "toucher le moins possible au pouvoir d'achat et à la consommation des ménages". "Il faut cibler pour ne pas mettre en difficulté l'emploi, ni notre activité économique".
"Nous arbitrerons de sorte que nous ayons un juste équilibre entre ceux qui seront le plus touchés et le plus affectés, tout en veillant à ce que les ménages ne soient pas affectés et ne voient pas leur pouvoir d'achat affecté avec des effets sur la consommation".
"Les ménages seront les principaux contributeurs"
Le PS a indiqué : "(...) les premières conclusions du comité d'experts montrent malheureusement que les ménages seraient les principaux contributeurs" écrit Laurence Rossignol, secrétaire nationale à l'environnement et au développement durable.
Pour le PS, "la mise en place d'un tel dispositif ne peut pas être une recette fiscale d'aubaine, consistant à compenser le manque à gagner lié à la fin de la taxe professionnelle (...). "Le chiffre avancé (300 euros par ménage) représente une très lourde charge pour de nombreux ménages modestes et pour tous ceux qui n'ont pas d'autre choix que la voiture ou les modes de chauffage au fioul ou au gaz" fait-elle valoir.
Les prix à la pompe vont augmenter !
Pour l'Union française des industries pétrolières, la mise en place d'une Contribution climat énergie conduira à une augmentation des prix des carburants à la pompe comprise entre 6 et 7 centimes. "C'est énorme comme augmentation (...). Le gazole émet plus de CO2 par litre, il sera donc plus taxé. Mais en contrepartie, les voitures diesel ont une consommation moindre" a a commenté Jean-Louis Schilansky, son président. "
Les ménages...les premiers payeurs
Les Verts ont estimé que ces propositions représentaient "un petit pas" mais "manquait d'ambition compte tenu de l'urgence climatique et sociale". "Nous regrettons l'exclusion de l'électricité, issue en grande partie du nucléaire ou des centrales à charbon" et "l'exclusion des industries les plus polluantes (...) parce qu'elles sont liées au marché des quotas" déclare Djamila Sonzogni du parti écologiste.
Pour les Verts, les ménages devraient être les premiers payeurs. Sur les 8 milliards que cette taxe pourrait rapporter à l'État, plus de 50% seraient payés par les ménages (...)".
L'électricité, un sujet très sensible pour les plus modestes
La secrétaire d'Etat au Développement durable Valérie Létard a appelé mercredi à la "prudence" sur l'application de la taxe carbone à l'électricité, "sujet très sensible pour le pouvoir d'achat des ménages, en particulier les familles les plus modestes". "A ce stade, je suis favorable à la Contribution Climat Energie sur les énergies fossiles mais prudence quant à son extension à l'électricité.