Taxe carbone : pour ou contre ?
La taxe carbone ou Contribution climat-énergie, qui sera dans la loi de Finances 2010, suscite des débats et des interrogations. Le rapport remis début août par Michel Rocard est flou pour certains. Et beaucoup s'inquiètent de ses répercussions sur les ménages français et entreprises.
Quel sera le montant de la taxe ?
Le gouvernement a déclaré mardi (25 août) que son taux sera sensiblement plus bas que celui préconisé par l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard (32 euros par tonne de CO2 émise). Un tarif d'environ 15 euros par tonne de CO2 émise "paraît un bon chiffre" a estimé mercredi la ministre de l'Economie Christine Lagarde. La secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno avait évoqué mardi (25 août) une fourchette de 14 à 20 euros.
Comment cela se traduirait pour les particuliers ?
Entre un célibataire logé en centre-ville dans un logement collectif et une famille avec deux parents actifs et un enfant vivant à la campagne dans une maison chauffée au fioul, la taxe pourrait aller de 80 à 300 euros selon les calculs de l'Insee.
L'augmentation du coût de l'énergie pourrait avoisiner les 6 à 7 centimes par litre d'essence. Quant à la facture de chauffage, elle pourrait augmenter de 60 euros (logement collectif au gaz) à 170 euros par an (maison individuelle au fioul).
La taxe carbone divise ! Pour ou contre ? Réagissez en laissant vos commentaires ci-dessous !
Pour vous aidez à vous faire un avis, voici un récapitulatif des différentes prises de positions sur le sujet.
LES POUR

- Des associations écologistes, comme la Fondation Nicolas Hulot.
- Daniel Cohn-Bendit, le leader d'Europe-Ecologie, y voit "une mesure révolutionnaire".
- L'UMP assure que cette nouvelle taxe n'entraînera pas "d'augmentation de la fiscalité".
- La députée européenne Corinne Lepage (MoDem) appuie cette idée sous réserve d'une "compensation sociale convenable".

- Pour la fédération France nature environnement, sa création dès 2010 est "une bonne nouvelle" en soi, mais tout dépend maintenant de son contenu. "Plutôt que de parler du taux, on voudrait parler de la redistribution" explique Arnaud Gossement, son porte-parole.
"Faire un débat sur le niveau de la taxe, c'est peut-être nous préparer à ce qu'il n'y ait pas de redistribution socialement et environnementalement juste" ajoute-t-il.

- Pour le PS et le PC, il n'y a pas d'objections au principe de la taxe. Le Parti socialiste se dit "favorable au principe d'une Contribution climat-énergie". Mais il faut qu'elle soit "juste et redistributive en direction des ménages géographiquement contraints à l'usage de la voiture".
LES CONTRE
- Le Nouveau parti anticapitaliste, d'Olivier Besancenot. Ce dernier juge le projet "inefficace écologiquement, injuste socialement et souhaite qu'il soit abandonné".
- Chasse, pêche, nature et traditions dénonce une "double peine qui frapperait durement les ruraux".
- Ségolène Royal a déclaré vendredi (28 août) : "Je dis solennellement devant vous que l'écotaxe, ce nouvel impôt que nous annonce le Premier ministre, est (...) un impôt absurde, un impôt injuste, un impôt historiquement décalé dans le temps". C'est "un impôt insupportable (...).
- La Fédération nationale des transports routiers estime que "l'urgence est plutôt de redonner de la compétitivité (...) Ce n'est pas avec de nouvelles taxes franco-françaises qu'on sauvera la planète".

- Marine Le Pen, vice-présidente du FN, trouve "ça absolument scandaleux. C'est un impôt supplémentaire. On va encore alourdir la baisse du pouvoir d'achat des ménages qui n'en peuvent plus (....).
L'Automobile Club dénonce "une taxe de trop pour les automobilistes". "Il ne s'agit là que d'un prétexte à une nouvelle augmentation déguisée du prix du carburant, et totalement inutile car n'ayant aucune chance de décourager la mobilité automobile".
- Enfin les Européens sont en règle général hostiles à des taxes spéciales sur les produits nocifs pour l'environnement mais beaucoup les accepteraient si les taxes sur les produits écologiques étaient diminuées en parallèle, révèle une enquête Eurobaromètre.
NI POUR NI CONTRE
- Les grandes centrales syndicales (FO, CGT, CFDT) et les associations de défense des consommateurs.
Elles ne sont pas hostiles au principe mais s'inquiètent d'un alourdissement possible de la fiscalité, pour les ménages comme pour les entreprises.
- La Confédération des petites et moyennes entreprises souhaite une "étude d'impact économique préalable" et des compensations fiscales.

- UFC-Que Choisir insiste sur une compensation par un dispositif de chèque vert.