Voilà une affaire qui met Greenpeace bien en colère : la livraison, par mer, de 1.8 tonnes de MOX, de la France au Japon. Le convoi record devrait quitter Cherbourg dans les heures à venir. L'association dénonce un « dangereux convoi » et des « risques de prolifération nucléaire ».
Mais qu'est ce que le MOX ?

Un combustible nucléaire
Le MOX est un combustible composé d'uranium naturel et de 3% à 10% de plutonium. Il est très critiqué par les écologistes qui le trouvent inutile et particulièrement dangereux.
Le MOX (mixed oxydes), issu du retraitement des combustibles usés des centrales nucléaires, est utilisé comme combustible dans les réacteurs nucléaires dit "moxés". Le plutonium joue alors le rôle de carburant. Dans les réacteurs classiques, ce rôle est dévolu à l'uranium.
Pour ses promoteurs, l'intérêt du MOX est de réduire le volume des déchets nucléaires en « recyclant » le plutonium des combustibles usés. Mais, selon Greenpeace, le volume des déchets n'est pas réduit par le MOX. « Un seul réacteur au monde » est arrivé à utiliser plus de plutonium qu'il n'en produit, affirme l'organisation écologiste. Ce que dément Areva.

Le MOX : quelle efficacité ?
Greenpeace affirme aussi que les performances du MOX sont moins bonnes qu'un combustible classique. C'est pourquoi il serait peu utilisé : moins de 10% des réacteurs nucléaires en activité dans le monde carbureraient au MOX. Soit 20 des 58 réacteurs français, plus des centrales en Allemagne, Suisse, Belgique et Etats-Unis (données d'Areva).
Un réacteur ne peut être alimenté qu'à hauteur de 30% avec du MOX. Mais Areva explique que les futurs EPR, que le président Sarkozy souhaite voir se développer, devraient pouvoir fonctionner à 100% avec du MOX.

Peut-on fabriquer une arme nucléaire à partir de MOX ?
Le MOX contient de 3 à 10% de plutonium. Or, le plutonium, contrairement à l'uranium, « peut servir directement à la fabrication des bombes nucléaires » explique Greenpeace, en citant l'Agence Internationale de l'Energie Atomique. Toujours selon l'organisation, le convoi de 1.8 tonnes qui part pour le Japon représente l'équivalent de « 225 bombes nucléaires. »
L'industrie nucléaire affirme pour sa part qu'il serait très difficile de transformer le MOX en arme nucléaire. Thierry Dujardin, directeur adjoint de l'agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire affirme que « personne ne l'a fait. » Tout en précisant que « on ne peut exclure qu'une organisation s'y essaye. C'est pour cela que ces convois sont protégés ».