Des militants de Greenpeace ont manifesté mercredi devant le siège d'Areva à Moscou contre l'arrivée prochaine en Russie d'une cargaison d'uranium du groupe nucléaire français. Une dizaine de manifestants de l'organisation écologiste portaient des vêtements noirs sur lesquels était imprimé en lettres jaunes "la Russie n'est pas une poubelle", en russe et en français, avec les noms EDF et Areva à côté d'une tête de mort, selon un des organisateurs.
Greenpeace Russie juge que l'importation d'uranium usagé est interdite par la législation russe et que les conditions de stockage présentent des risques pour l'environnement, indique l'organisation dans un communiqué.
"En violation de la législation russe"
Un cargo russe parti le 12 mars de Brest (ouest de la France) avec une cargaison d'uranium appartenant à Electricité de France (EDF) et Areva doit arriver jeudi ou vendredi à Saint-Pétersbourg. L'uranium doit être retraité par la suite en Russie, a ajouté l'organisation. Dans une lettre adressée à la présidente d'Areva, Anne Lauvergeon, Greenpeace écrit que la livraison d'uranium usagé en Russie s'effectue dans le cadre de contrats signés dans les années 1990 "en violation de la législation russe" qui "interdit l'importation de déchets radioactifs et matériel nucléaire de pays étrangers pour y être stockés ou éliminés", selon le communiqué.
«Greenpeace se trompe de cible»
L'uranium retraité en Russie est destiné à être réutilisé dans des centrales françaises, la France ne disposant pas des capacités nécessaires à ce retraitement, selon Areva. "Il ne s'agit pas de déchets mais au contraire de matières valorisables destinées à être réutilisées dans les centrales nucléaires", a réagi mercredi une porte-parole d'Areva. "Nous constatons une fois de plus que Greenpeace se trompe de cible: le nucléaire ou l'effet de serre, il faut choisir", a-t-elle ajouté. Au départ de la cargaison de France, plusieurs militants de Greenpeace avaient mené une action au large de Brest avec un navire et deux zodiacs demandant au cargo russe de renoncer à acheminer l'uranium en Russie.