Deux navires ont été pris en flagrant délit de déballastage d'hydrocarbures cette semaine en Méditerranée, a annoncé vendredi la préfecture maritime. Le parquet de Marseille a ouvert deux enquêtes préliminaires.
"Les déballastages ont eu lieu pour l'un à 180 kilomètres au sud de Toulon, et l'autre la nuit entre Toulon et le Cap Corse" a déclaré l'adjoint au préfet maritime de la Méditerranée, le commissaire général Jean-Loup Velut. Les noms et pavillons des navires n'ont pas été révélés.
150.000 tonnes rejetées chaque année en Méditerranée
Jean-Loup Velut s'exprimait après la première opération internationale de lutte contre les rejets illicites en Méditerranée baptisée Oscar-Med (Opération de surveillance coordonnée aérienne des rejets en Méditerranée). Cette opération portait sur une zone allant du sud de Barcelone à Gênes.
"Une première qui face à la tendance à l'accroissement des pollutions sera renouvelée" selon l'adjoint au préfet maritime. "Chaque année, 150.000 tonnes sont rejetées en Méditerranée, c'est l'équivalent de dix Erika et de deux Prestige. On parle de pétroliers mais ce sont tous les navires qui font des rejets" a-t-il ajouté.
Les derniers chiffres communiqués
La préfecture maritime a indiqué qu'au moins 250 pollutions orphelines dont 180 d'hydrocarbures ont été dénombrées en 2008 en Méditerranée. Pour 2009, le décompte révèle 190 pollutions dont 100 d'hydrocarbures. Concernant les eaux françaises, entre 350 et 450 pollutions ont été enregistrées et entre 6 et 10 sont des flagrants délits constatés.
Un troisième navire pas inquiété
Au cours de l'opération cette semaine, un troisième bâtiment a été pris en flagrant délit de déballastage "à la signature végétale" à 30 kilomètres au sud de l'île de Porquerolles, hors des eaux territoriales en zone de protection écologique. Il n'y aura pas de poursuite car cette opération de nettoyage de cuves ayant contenu de l'huile végétale s'est déroulée "dans une zone autorisée en respect des règlements". Depuis 2003, la justice a condamné douze armateurs à des amendes avoisinant 5 millions d'euros et actuellement trois dossiers sont en cours d'instruction.